Granny Webster - Caroline Blackwood

Granny Webster - Caroline BlackwoodCaroline Blackwood est née à Londres en 1931 dans une riche famille aristocratique anglo-irlandaise (elle est une héritière Guinness par sa mère). À 19 ans, elle rencontre Lucian Freud avec qui elle s'installe un temps à Paris. En 1953, ils retournent vivre à Londres où ils se marient. Elle fréquente différents cercles d'artistes et écrit pour des revues (Encounter, London Magazine). Après avoir quitté Lucian Freud, elle part pour New York et Hollywood où elle tourne dans plusieurs films. Elle épouse alors le pianiste américain d'origine polonaise Israel Citkowitz, qui lui donne trois enfants. De retour à Londres, Caroline Blackwood rencontre Robert Lowell, déjà reconnu comme un des plus grands poètes du XXe siècle aux États-Unis. En 1970, ce dernier quitte l'écrivain Elizabeth Hardwick pour épouser sa nouvelle muse. Leur relation passionnelle est bouleversée par les tendances maniaco-dépressives de Robert Lowell. Il retourne à New York où il meurt dans un taxi alors qu'il allait rejoindre son ex-épouse, un portrait de Caroline peint par Lucian Freud serré dans ses bras. Caroline retourne aux États-Unis en 1987. Elle continue d'écrire, activité qu'elle a poursuivie tout au long de sa vie, publiant une dizaine de livres. Elle meurt à New York à l'âge de 64 ans.

Nombre de pages : 160 pages

Prix : 5,10€

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"Envoyée en convalescence au bord de la mer chez son arrière grand-mère, une vieille dame acariâtre qui ne se déplace qu'en Rolls, vit comme à l'époque victorienne et évite toute émotion pour ménager son coeur, une jeune fille - qui n'est pas sans rappeler Caroline Blackwood - découvre peu à peu les secrets qui se cachent derrière les rideaux empesés de la luxueuse demeure... La description de cette grande famille irlandaise, avec une tante excentrique et suicidaire, une grand-mère un peu dérangée et une femme de chambre borgne, est d'une réjouissante noirceur."

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Si je vous ai mis la longue (mais intéressante) biographie de Caroline Blackwood, c'est parce que ce roman est très largement autobiographique, et je pense qu'on l'appréhende mieux en connaissant les grands axes de sa vie.

Ce petit livre est construit en quatre parties retraçant chacune un moment de la vie d'une famille anglo-irlandaise.

L'histoire commence deux ans après la seconde guerre mondiale, lorsque la narratrice, âgée de 14 ans, doit partir en convalescence chez son arrière-grand-mère Webster, qui est la seule à habiter non loin de l'air marin dont elle a besoin pour se rétablir. Malheureusement, l'arrière-grand-mère Webster n'appréciant pas grand chose, elle ne pourra jamais aller jusqu'à la plage durant les deux mois que dure son séjour, et elle n'aura pour compagnie que cette parente étrange et sa femme de chambre borgne.

Quelques temps après ces laborieuses "vacances", la jeune fille va se renseigner petit à petit sur sa famille, sur cette arrière-grand-mère si stoïque, sa grand-mère folle à lier, son père, décédé durant la seconde guerre mondiale, et sa tante excentrique et suicidaire.

Lire ce roman a été un plaisir, et son humour noir et décalé est un vrai régal ! C'est une narration très "anglaise", et je trouve que la couverture (qui est magnifique) représente parfaitement l'atmosphère du livre.

Pour que tu comprennes mieux, voici quelques extraits qui rendent le plus justice au style d'écriture absolument génial de Caroline Blackwood et qui sont particulièrement drôles :

"Une fois que Richards avait enfin réussi à nous servir, l'arrière-grand-mère Webster la remerciait toujours et il y avait dans son ton quelque chose d'excessivement grave, comme s'il lui avait fallu faire un courageux et douloureux effort ne serait-ce que pour parler. Elle était assise là, avec sur le visage un air de lassitude et de malaise si affreux qu'elle parvenait à voler la vedette à Richards et faire croire que la prouesse qui consistait à gravir le terrible escalier du sous-sol chargée de son plateau n'était pas du tout remarquable si on se rappelait que dès les premières heures de la matinée elle-même était restée dans un silence courageux et stoïque à endurer sans plainte l'atroce inconfort de sa chaise au dos si dur." p. 25

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"Je crois qu'elle ne se rendait pas compte à quel point elle me glaçait quand elle tentait de me convaincre qu'elle était sûre que j'allais devenir exactement comme elle." p. 39

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"J’ai cru que j'allais faire une attaque, dit tante Lavinia. Ça me rendait apoplectique de penser que le même ignoble petit bonhomme qui m'avait interdit d'avoir un peigne et un rouge à lèvres avait osé entrer dans ma chambre privée pour couvrir mes pansements de ses baisers lascifs et pervers." p. 59

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Caroline BlackwoodConclusion : Ce livre est merveilleusement bien écrit et son humour grinçant, bien qu'il ne puisse plaire à tout le monde, est un réel plaisir qui change des livres plus "classiques".

Caroline Blackwood

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