Contemporain

Un secret - Philippe Grimbert

Un secret - Philippe GrimbertPhilippe Grimbert est né en 1948 à Paris. Après de longues études de psychologie, il passe une dizaine d'années en analyse chez un lacanien, puis ouvre son propre cabinet à Paris. Il travaille aussi dans deux instituts médico-éducatifs auprès d'adolescents autistes ou psychotiques. Passionné de musique, de danse et d'informatique, il publie deux essais : Psychanalyse de la chanson et Pas de fumée sans Freud. C'est le roman La petite robe de Paul qui le fait connaître en littérature générale ; il est en tout l'auteur de quatre romans parus aux Éditions Grasset, dont Un secret qui est ensuite adapté au cinéma.

Ses autres romans : La petite robe de Paul (2001) ; La mauvaise rencontre (2009) ; Un garçon singulier (2011)

Prix Goncourt des lycéens en 2004, prix des Lectrices de Elle, prix Wizo en 2005

Nombre de pages : 184 pages

Prix : 5,60 €

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Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La petite robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

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Tout d'abord, il faut que tu saches que ce roman est autobiographique et qu'une grande partie se passe durant la Seconde Guerre Mondiale. Je précise parce que ça peut aider à comprendre le bouquin, par exemple moi je savais pas, ben j'ai mis vachement longtemps à faire le rapprochement entre le nom de l'auteur et celui du narrateur ("tiens c'est marrant ils s'appellent pareil !" ...), et ça peut aussi aider pour le contexte.

Maintenant que c'est dit, voici l'histoire.

Le narrateur, Philippe, qui est donc né en 1948 (autobiographie tout ça...) dans la France d'après-guerre, est le fils de Maxime et Tania, deux athlètes de haut niveau qui sont "faits pour être ensemble" comme on dit. Au contraire de ses parents, Philippe est frêle et chétif, il a un creux thoracique sous le plexus qui nécessite des soins permanents de son infirmière et confidente, Louise, dont le cabinet est installé à côté du magasin d'articles de sport tenu par ses parents. Parce qu'il est fils unique et qu'il se sent seul, il s'invente un grand frère qui est tout ce qu'il n'est pas : populaire, grand, fort, et surtout, en pleine santé. Mais un jour, alors qu'il fouille un carton dans le grenier, il découvre un chien en peluche dont il s'entiche et qu'il emporte partout avec lui. Mais cette découverte installe un profond malaise dans la famille, notamment chez son père, au grand étonnement de Philippe qui va essayer de découvrir ce que cache cette peluche, loin de se douter que ce secret va bouleverser sa vie à jamais.

Ça fait hyper dramatique hein ? Et pourtant, je n'exagère même pas !

Au début de ma lecture, j'ai eu un peu de mal avec l'écriture de Philippe Grimbert, je ne sais pas pourquoi, mais je n'aimais pas du tout sa façon d'écrire. Puis j'ai été tellement prise dans l'histoire que je n'y ai (presque) plus fait attention. Ce roman est un livre poignant et émouvant, triste aussi, et qui se lit d'une traite (tant parce qu'il est petit que parce que l'histoire est prenante). Le fait que ce soit une histoire vraie rajoute encore du dramatique à la chose et l'on s'attache vraiment au narrateur, car il nous raconte l'histoire avec son point de vue et ses intuitions d'enfant, la façon dont il perçoit les non-dits et certaines réactions de ses parents, sentant qu'ils lui cachent quelque chose mais sans parvenir vraiment à mettre le doigt dessus. Quant aux parents, je les ai trouvés froids et distants avec leur fils, et l'on sent bien que le père est déçu que Philippe ne soit pas un athlète comme lui, ce que ressent également le narrateur et fait qu'on a de la peine pour lui. J'ai préféré Louise, qui est plus proche de Philippe que ses parents et qui, parce qu'elle est boiteuse, le comprend mieux que quiconque.

Les chapitres, qui sont très courts, ne se suivent pas forcément ; ils se font plutôt au gré des pensées et des souvenirs de Philippe. J'ai vraiment apprécié la fin, lorsqu'il est plus âgé et qu'il revient sur son histoire, car c'est un très beau passage et l'on comprend vraiment pourquoi il a eu besoin d'écrire ce livre, qui lui sert en quelque sorte d'exutoire.

Philippe GrimbertConclusion : Ce livre est plutôt une bonne découverte malgré la plume de Philippe Grimbert qui m'a un peu dérangée, et cela m'a donné envie de voir le film (qui doit être émouvant à souhait !).

Et pour ceux que ça intéresse, le film est sorti en octobre 2007, et a été réalisé par Claude Miller, avec dans les rôles principaux Cécile de France (Tania), Patrick Bruel (Maxime) et Julie Depardieu (Louise).

Trois soeurcières - Terry Pratchett

Trois soeurcieres - Terry PratchettTerry Pratchett est né en 1948 dans le Buckinghamshire ; nous n'en savons pas d'avantage sur ses origines, ses études ou sa vie amoureuse. Son hobby, prétend-il, c'est la culture des plantes carnivores. Que dire encore de son programme politique ? Il s'engage sur un point crucial : augmentons, dit-il, le nombre des orangs-outans à la surface du globe, et les grans équilibres seront restaurés. Voilà un écrivain qui donnera du fil à retordre à ses biographes !

Sa vocation fut précoce : il publia sa première nouvelle en 1963 et son premier roman en 1971. D'emblée, il s'affirma comme un grand parodiste. Mais le grand tournant est pris en 1983. Pratchett publia alors le premier roman de la série du Disque-Monde, brillant pastiche héroï-comique de Tolkien et de ses imitateurs.

Terry Pratchett a été anobli par la reine en 2008, et a reçu de nombreuses récompenses pour son œuvre.

Ses autres romans : Il y en a trop (plus d'une trentaine !) pour que je puisse les citer :)

Nombre de pages : 286 pages

Prix : 6,10 €

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Le vent, l'orage et les éclairs... Tout cela dans l'horreur d'une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folle dans l’œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla : "Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?" Une autre voix, plus naturelle, répondit : "Ben, moi j'peux mardi prochain." Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n'en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l'avantage du roman par rapport au théâtre c'est que l'on peut s'autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d'un balai de sorcière !

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D'après tout ce que j'ai entendu, Terry Pratchett est un auteur incontournable qu'il faut absolument avoir lu pour pouvoir mourir en paix. Maintenant que c'est chose faite, je confirme, tu DOIS lire un de ses livres (et ne viens pas me dire qu'il n'y a pas assez de choix) !

Cet auteur est vraiment extra, je me suis marrée du début à la fin, il a toujours LA petite phrase pour nous faire sourire, et ce même dans les pires situations. J'avais commencé à noter toutes les pages drôles dont je pourrais mettre un extrait dans cet article, mais quand je me suis rendue compte que je notais une page sur deux, j'ai décidé d'arrêter.

Je ne trouve pas les mots pour te dire à quel point ce livre est génial, alors je vais commencer par t'en faire un résumé.

Trois soeurcières est le sixième tome des Annales du Disque-Monde, un monde imaginaire plat et circulaire soutenu par quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d'une grande tortue, qui se déplace dans le cosmos. Eh ouais, rien que ça. Et en plus, il y a de la magie, des fantômes, des trolls, des sorcières, des nains, des rois, et surtout, beaucoup d'humour et d'ironie ! Ça te donne pas envie de le lire ça ?

Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail sont trois sorcières qui, normalement, ne se mêlent jamais des histoires des gens "normaux". Pourtant, elles se retrouvent embarquées bien malgré elles dans une histoire de régicide qui va les sortir de leur petit train-train quotidien.

L'un des thèmes principaux de cette histoire est le théâtre. Il y en a énormément, et je dirais même que c'est un élément clé de l'histoire. J'ai d'ailleurs adoré le moment où Mémé Ciredutemps assiste pour la première fois à une pièce et ne comprend pas que ce qui est joué n'est pas la réalité, ce qui donne des dialogues à mourir de rire !

Je trouve d'ailleurs que l'humour de ce roman rappelle par moment l'humour un peu absurde des Monty Python (mais en moins exagéré peut-être).

Bon après, l'histoire en elle-même est plutôt banale, mais ce qui est intéressant dans ce livre, c'est vraiment les situations cocasses et les dialogues génialissimes entre les personnages, qui m'ont fait rire du début à la fin !

Je ne vais pas faire un article de trois mètres de long pour ce livre car une fois qu'on évoque l'histoire et l'humour omniprésent, l'essentiel est dit. Je te laisse découvrir le reste par toi-même :)

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" "C'est une honte ! lâcha sèchement Mémé. Et le pauvre mort qu'est toujours là, par terre !"

Magrat jeta un regard implorant à Nounou Ogg, laquelle mastiquait une pomme et observait la scène d'un oeil d'expert scientifique.

"Moi, m'est avis, dit-elle lentement, m'est avis que tout ça, c'est du chiqué. Regardez, il respire toujours."

Les autres spectateurs, qui avaient à présent conclu que le commentaire faisait partie intégrante de la pièce, considérèrent comme un seul homme le cadavre. Qui rougit. " (p. 37)

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" "Vous... vous n'allez pas m'obliger à y retourner, n'est-ce pas ? demanda-t-il ?

- Hein ?" fit le duc. Il eut un geste irrité. "Non, non, dit-il. Aucunement. Passez donc chez le bourreau en partant, voyez quand il peut vous prendre." " (p. 66)

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"Son cou, ses doigts, ses bras portaient à eux tous assez d'argenterie pour forger un service de table au grand complet (...). Sous une certaine lumière et un angle bien choisi, Magrat n'était pas sans attraits. (...) Elle se redressa, se tourna d'un côté, puis de l'autre. Les amulettes, bijoux magiques et bracelets cabalistiques accumulés un peu partout sur son anatomie s'entrechoquèrent ; il aurait fallu qu'un ennemi éventuel fût aussi sourd qu'aveugle pour ne pas remarquer qu'une sorcière approchait." (p. 120)

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Terry PratchettConclusion : Un incontournable de la littérature satirique, où l'on retrouve tous les ingrédients d'un bon roman fantastique (avec indéniablement une touche d'humour en plus, qui manque d'ailleurs cruellement à certains romans fantastiques) des personnages très drôles et attachants et une histoire qui, pour une satire, tient carrément la route.

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de RosnayTatiana de Rosnay, née en 1961 à Neuilly-sur-Seine de mère britannique et de père français, est une journaliste, écrivaine et scénariste française. Elle a vécu à Paris, Boston et enfin en Angleterre. Elle est l'écrivaine française la plus lue en Europe en 2011.

Ses autres romans : L’appartement témoin (1992) ; Mariés, pères de famille (1995) ; Le Dîner des ex (1996) ; Le Cœur d'une autre (1998) ; Le Voisin (2000) ; La Mémoire des murs (2003) ; Spirales (2004) ; Moka (2006) ; Boomerang (2009) ; Rose (2010) ; A l'encre russe (2013)

Nombre de pages : 415 pages

Prix : 6,95 €

Prix des lecteurs du livre de poche - Le choix des libraires, Prix Gabrielle d'Estrées.

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Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.
Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans trente-quatre pays.

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Ce livre était dans ma bibliothèque depuis un moment mais, malgré les avis positifs que j'avais lus à son propos, je ne m'étais toujours pas décidée à le lire. Et puis, il y a quelques jours je me suis lancée, et voilà maintenant plus d'une semaine que je l'ai fini et que je cherche comment t'en parler, car j'ai sur ce livre un avis plus que mitigé.

Tout d'abord, il est divisé en deux parties :

D'un côté,  Sarah, la fillette juive embarquée avec ses parents lors de la rafle du Vél d'Hiv, qui laisse son petit frère enfermé dans un placard pour le protéger et lui promet de revenir très vite.

De l'autre, Julia, la journaliste américaine qui habite à Paris et qui doit justement écrire un article sur cette rafle.

Soixante ans les séparent, et pourtant Julia va tout faire pour retrouver la trace de Sarah.

Alors là, autant j'ai trouvé la partie sur Sarah belle, triste, émouvante, tout ce que tu veux, autant celle sur Julia, je n'ai même pas les mots pour te dire à quel point elle m'a gonflée ! Non mais franchement, c'est quoi cette cruche ?? Elle est marié à Bertrand, un français qui, forcément, est un goujat, un coureur de jupons qui l'a trompée il y a quelques années mais Julia, magnanime, lui a pardonné (bien qu'en plus de cela il la rabaisse sans arrêt devant tout le monde). Sa belle-famille est un énorme cliché à elle toute seule : on retrouve le beau-père froid mais qui en fait est sensible et cache un secret, la belle-mère hautaine et condescendante, une belle-sœur maigre et sèche, l'autre ronde et chaleureuse, et la grand-mère adorable mais mise en maison de retraite par ses enfants et petits-enfants qui, évidement, vont rarement la voir... De plus, Julia est nunuche au possible, on a envie de lui mettre des claques pour qu'elle se bouge, qu'elle quitte son boulet de mari et surtout, surtout, qu'elle arrête de se plaindre sans arrêt, mais on ne peut pas, et ça c'est vraiment très frustrant^^ Et puis, le coup de Julia qui tombe enceinte à 40 ans passés et de son mari qui la met devant le dilemme : le bébé ou lui, j'ai trouvé ça d'un niais !

De nombreuses fois dans le roman, Julia nous confie qu'elle ne sait pas pourquoi elle tient tant à retrouver Sarah, que c'est plus fort qu'elle, que blablabla. Elle ne sait pas pourquoi elle doit la retrouver, eh bien nous non plus ! On ne comprend pas l'engouement soudain de cette américaine pour cette petite fille juive, leur seul lien étant l'appartement dont a hérité Bertrand et qui s'avère être celui où vivait Sarah lorsqu'elle a été arrêtée. De plus, Julia, qui elle a l'excuse de ne pas être française pour ignorer ce qu'est la rafle du Vél d'Hiv, se met à clamer partout que c'est un scandale d'être français(e) et de ne pas savoir, d'avoir oublié ce qu'il s'est vraiment passé à l'époque, ce qui donne à ce livre un côté moralisateur insupportable ! L'auteure veut nous faire culpabiliser du début à la fin, et j'ai trouvé ça un peu abusé. Comment peut-on savoir ce qu'on aurait fait à la place de tout ces gens ? Julia aurait-elle agit, seule contre tous, quitte à mettre en danger sa fille et son mari ? Je ne pense pas. Avec 60 ans de recul, c'est facile de savoir où se situe la limite entre bien et mal, ce qu'il était juste ou non de faire, mais à l'époque, au coeur de l'action, comment les gens pouvaient-ils vraiment connaitre les conséquences de leurs actes ? Bien sûr, ce qui a été fait aux juifs (mais pas seulement à eux, il faudrait voir à ne pas l'oublier) est terrible, mais est-ce une raison pour fustiger tout une nation à travers ce livre ?

De plus, l'auteure enfonce le clou en nous répétant en long et en large que ce sont des soldats français qui ont emmenés les juifs jusqu'au vélodrome, mais au bout d'un moment on a envie de dire que oui, c'est bon, on a compris, mais que là, posé devant notre livre, on n'y peut décidément pas grand chose !

Enfin bref, tout ça pour dire que la partie concernant Sarah est plutôt bien construite, avec le petit frère enfermé dans le placard qui ajoute encore une note dramatique à l'histoire (c'était déjà pas assez triste ?), avec le petit suspense "Va-t-elle pouvoir revenir le chercher ? Et si oui, y arrivera-t-elle à temps ?", mais la partie sur Julia, je me demande vraiment si on aurait pas pu s'en passer, d'autant plus qu'à la fin du livre il n'y a plus que Julia qui raconte, et la ça devient très très long.

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"La mère attira sa fille contre elle. La petite sentait les battements de son coeur à travers la robe de chambre. Elle aurait voulu repousser sa mère, la voir se tenir bien droite, la voir fixer ces hommes avec assurance au lieu de se recroqueviller, au lieu d'avoir le coeur qui cogne dans la poitrine, comme un animal effrayé. Elle aurait voulu que sa mère soit courageuse." (p. 14)

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"Je me souviens avoir été réveillée très tôt par le ronflement des bus. Juste sous mes fenêtres. J'ai regardé dehors et j'ai vu d'autres bus qui arrivaient. Et puis d'autres, encore et encore. Des bus des transports en commun, les bus que je prenais moi-même chaque jour. Blancs et verts. Il y en avait tant. Je me demandais ce qu'ils pouvaient bien faire ici. Puis j'ai vu des gens en sortir. Et tous ces enfants. Tellement d'enfants. Vous savez, c'est impossible d'oublier les enfants. (...) Après un moment, je me suis habillée et je suis descendue avec mes garçons, qui étaient petits, à l'époque. Nous voulions savoir ce qui se passait, nous étions curieux. Nos voisins aussi sont descendus, et le concierge. C'est une fois dans la rue que nous avons vu les étoiles jaunes. Et là, nous avons compris. Ils regroupaient les juifs. (...) Comment aurions-nous su ? C'est seulement après la guerre que nous avons tout découvert. Nous pensions qu'on les envoyait travailler je ne sais où. Nous ne pensions pas que quelque chose de grave se tramait. Je me souviens que quelqu'un a dit :"C'est la police française, personne ne leur fera de mal". Alors, nous ne nous sommes pas inquiétés. Le lendemain, bien que tout cela ait eu lieu en plein Paris, il n'y avait rien ni dans les journaux ni à la radio. Personne ne semblait s'en préoccuper. Alors nous non plus. " (pp. 105-106)

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Tatiana de RosnayConclusion : Ce livre n'est vraiment pas un coup de coeur, mais ce n'est pas pour autant une déception car la partie sur Sarah rattrape tout le reste et vaut à elle seule le coup qu'on lise le livre !

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P. S. : En anglais, le titre de ce livre est Sarah's key (la clé de Sarah) et je trouve que ce titre correspond mieux au roman que le titre français. Ceux qui ont lu le livre comprendront :)

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P.S. 2 : Voici la petite histoire de ce roman (source Wikipédia) pour ceux que ça intéresse :

"Tatiana de Rosnay commence à se documenter en 2001: « Je suis allée à Drancy, à Beaune-la-Rolande, j'ai rencontré des personnes qui ont vécu cette rafle de près, j'ai passé des moments très émouvants. » Elle explique avoir « ressenti le besoin de me réfugier dans ma langue maternelle pour évoquer ce passé terrible de la France. Le fait aussi d'être dans la peau d'une Américaine, Julia, a rendu nécessaire ce passage à l'anglais. »

Elle écrit le roman entre juillet 2002 et mars 2003, et le retravaille de janvier à mai 2005.

Le livre est refusé par l'ex-éditeur de la romancière, Plon, puis par Bernard Fixot. L'écrivaine cherche ensuite un agent américain, qui ne trouve pas d'éditeur aux Etats-Unis. Plus tard, Tatiana de Rosnay rencontre l'éditrice Héloïse d'Ormesson, avec laquelle elle sympathise, et c'est « le très têtu Gilles Cohen-Solal » (coéditeur d'Héloïse d'Ormesson), raconte-t-elle, qui obtient le manuscrit."

Multiversum - Leonardo Patrignani

Multiversum - Leonardo PatrignaniLeonardo Patrignani est né en Italie, à Moncalieri, en 1980. Compositeur, acteur de doublage et lecteur passionné des romans de Stephen King, il écrit des histoires depuis l'âge de six ans. Multiversum est son premier roman.

Nombre de pages : 332 pages

Prix : 15€

Feuilleter un extrait ici.

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Alex vit en Italie, Jenny en Australie. Ils ne se sont jamais vus pourtant ils se connaissent depuis toujours, unis par un lien télépathique très fort. Le jour où ils cherchent à se rencontrer, ils découvrent qu'il existe une infinité d'univers parallèles et que la réalité qui les entoure n'est qu'une de ces multiples dimensions. Parviendront-ils à se rejoindre tandis que leur destin semble lié à celui, inéluctable, de la Terre? Existe-t-il un monde où vivre leur amour ?

Une histoire d'amour intense dans un dédale d'univers parallèles : le premier volume d'une aventure vertigineuse !

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Ça fait un moment que j'avais repéré ce livre dont beaucoup de blogs parlent en ce moment, et presque toujours en bien, et quand j'ai vu la couverture, j'ai su que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n’atterrisse dans ma bibliothèque. J'ai pas mal de livres avec une jolie couverture, mais celui-ci est l'un des plus beaux :) Je précise d'ailleurs que sur la 4e de couverture, on voit la même image, mais avec Alex cette fois, et je trouve que c'est une très belle mise en scène.

Concernant l'histoire, c'est un peu compliqué et le résumé en dit beaucoup, peut-être même un peu trop, car alors que les deux protagonistes se demandent ce qu'il peut bien leur arriver, on le sait depuis le début et leurs recherches nous paraissent un peu inutiles.

Les personnages principaux, Alex et Jenny, m'ont parus un peu creux et se laissent beaucoup porter par les évènements, restant là à attendre que ça se passe. Marco, le meilleur ami d'Alex, est quant à lui mon personnage préféré. C'est celui avec lequel j'ai le plus accroché, qui m'est apparut comme le plus complexe, le plus triste aussi, car il n'a pas été gâté par la vie : ses deux parents sont morts dans un accident de voiture alors qu'il était enfant, accident dans lequel il a aussi perdu l'usage de ses jambes. On suit beaucoup plus Alex que Jenny, ce qui m'a un peu dérangée car j'aurais aimé la connaître plus, et les moments où on la voyait elle me paraissait un peu... je sais pas, un peu nunuche peut-être, car elle refuse souvent les explications d'Alex et se met à bouder dès que quelque chose la contrarie.

En ce qui concerne les univers parallèles, j'avoue que je n'ai pas bien tout compris^^ Les explications sont parfois insuffisantes voire carrément manquantes et c'est assez frustrant. Mais l'intrigue, qui met un peu de temps à se mettre en place, s'emballe d'un coup et devient de plus en plus intéressante et prenante (voire angoissante) à certains moments, et j'ai beaucoup aimé me promener avec Alex et Jenny dans les univers parallèles, découvrir des réalités identiques et différentes à la fois (oui, cette phrase a un sens^^).

La fin est incroyable, surprenante, et d'une certaine manière un peu horrible. Je ne peux pas te la raconter, forcément, mais c'est vraiment la meilleure partie du livre et elle laisse présager une suite d'enfer ! Le tome 2, Memoria, vient d'ailleurs de sortir en Italie.

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"A l'autre bout du monde, Marco imprimait des pages et des pages, soulignait des paragraphes, prenait des notes sur un bloc de papier A4 à petits carreaux. Il sentait venir une explication à ce qui était arrivé à Alex, même si elle paraissait incroyable. Il avait déjà une idée, mais il devait encore vérifier certaines informations. Tout cela pouvait sembler dénué de fondement raisonnable, paraitre invraisemblable, pour ne pas dire paranormal, mais toutes les pistes menaient dans la même direction. En admettant que son ami ne souffre pas de problèmes psychiques, il n'y avait qu'une seule réponse possible. Une réponse venue d'une question que Marco s'était posée des années plus tôt, le jour de l’accident où ses parents avaient perdu la vie." (p. 74)

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Lenardo PatrignaniConclusion : Un livre dont l'histoire est vraiment très intéressante et dont j'ai hâte de lire la suite, malgré des personnages un peu creux et des explications parfois manquantes. Je le recommande quand même à tout le monde car l'intrigue vaut vraiment le détour !

L'île des oubliés - Victoria Hislop

L'île de -oubliés - Victoria Hislop Victoria Hislop, née en 1959, a travaillé comme journaliste avant de devenir auteure. Son premier roman, The island a été un véritable bestseller au Royaume-Uni.

Autres romans : The island (en anglais, 2006) ; Return (en anglais, 2009) ; Le fil des souvenirs (2013)

Nombre de pages : 519 pages

Prix : 7,90 €

Prix des lecteurs, sélection 2013

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"L'été s'achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d'archéologie, a choisi de s'y rendre parce que c'est là que sa mère est née et a vécu jusqu'à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l'histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l'île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d'une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets... Bouleversant plaidoyer contre l'exclusion, L'Île des oubliés, traduit dans vingt-cinq pays et vendu à plus de deux millions d'exemplaires, a conquis le monde entier."

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Par où commencer avec ce livre dont l'histoire s'étale sur quatre générations ?

Alexis, une anglaise d'origine crétoise d'une vingtaine d'année, va partir en vacance en Crète avec son petit ami. Avant son départ, elle se décide enfin à demander à sa mère, Sophia, des informations sur ses origines, la seule chose qu'elle sait étant que sa mère a vécu à Plaka jusqu’à ses 18 ans. A son grand étonnement, Sophia accepte et lui remet une lettre pour une de ses vieilles amies restée là-bas, Fontini, lui demandant de raconter à sa fille tout ce qu'elle sait sur l'histoire de sa famille.

Commence alors pour Alexis un étonnant voyage à la découverte de ses origines, afin de comprendre son passé et pourquoi pas, son présent.

Ce roman est divisé en quatre parties, une pour chaque génération. La première est consacrée à Alexis, la deuxième à Eleni et Giorgis, ses arrières-grands-parents, la troisième à Anna et Maria, leurs deux filles, et enfin la quatrième à Sophia.

Giorgis est un petit pêcheur très attachant que la vie n'a pas épargné, mais qui ne se plaint jamais.

Eleni, qui est maitresse d'école, est très apprécié des habitants de Plaka ainsi que de ceux de Spinalonga, et son départ pour l'île a réuni et attristé tout le village.

Anna, qui est l'ainée, est égoïste et a un sale caractère, tout le contraire de sa petite soeur Maria qui est très altruiste et se dévoue à sa famille, faisant passer son bonheur personnel après celui de son père, quitte à renoncer à ses rêves.

On suit de près la vie de ces quatre personnages ainsi que celle des personnes qui gravitent autour d'elle. On voit une famille brisée lorsque Eleni découvre qu'elle est atteinte de la lèpre et doit quitter son mari et ses deux petites filles pour Spinalonga, l'île où tous les lépreux sont envoyés sans aucun espoir de retour. Pourtant, comme on va le découvrir avec elle, la vie à Spinalonga n'est pas si terrible que cela, et elle finit presque par s'y plaire, malgré la présence quotidienne de la maladie autour d'elle et sa famille qui lui manque. Mais la vie sur l'île n'est pas facile, le gouvernement donne peu de subventions et les malades, qui sont pour certains très faibles, n'ont ni eau courante, ni électricité, ni chauffage. En plus, l'une des règles de l'île m'a vraiment attristée : lorsque des couples de forment sur l'île (certains peuvent vivre des dizaines d'années avant que la maladie ne commence à les affecter vraiment) et qu'ils ont un enfant, si celui-ci est sain il est arraché à ses parents pour être adopté par une famille crétoise. L'île de Spinalonga, source : http://www.ferries.gr/excursions/spinalonga.htm

L'île de Spinalonga, qui a vraiment existé, est au centre de l'histoire, et on voit que l'auteure s'est vraiment documentée sur l'histoire de l'île, sur la lèpre, de même que sur les traditions grecques qui sont très détaillées et très présentes, donnant ainsi une dimension vraiment intéressante au livre. L'histoire des personnages se recoupe également avec l'Histoire : la guerre, l'occupation des allemands, l'amélioration des conditions de vie, le remède à la lèpre, ...

Ce roman est à la fois un mélange d'Histoire, de traditions, d'amour, de haine et de tristesse qui s'étale sur près de 70 ans et ne laisse pas indifférent, bien que parfois l'intrigue soit un peu "gnangnan", rapport aux nombreuses histoires d'amour.

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"La vie des fillettes n'aurait pas été plus bouleversée si une tornade les avait emportées et déposées à Santorin. Elles suivaient une routine monotone, jour après jour, car seule une succession d'actions mécaniques leur donnait le courage de quitter leur lit le matin. Anna rechignait en permanence, s'interrogeant sur la raison d'être des choses ; Maria acceptait tout sans poser de questions. Elle savait que se plaindre ne servait à rien, sinon peut-être à aggraver la situation. Sa soeur ne possédait pas une telle sagesse." (p. 112)

"Mi-janvier, son père lui annonça que Fontini avait donné le jour à un garçon. Maria voulut connaître tous les détails.

- Comment s'appelle-t-il ? A quoi ressemble-t-il ? Combien pèse-t-il ?

- Mattheos, il ressemble à un bébé et je n'ai pas la moindre idée de son poids. A peu près autant qu'un sac de farine, je présume." (p. 356)

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Victoria HislopConclusion : Un roman sympathique à lire, surtout si tu aimes l'histoire, mais dont l'intrigue essentielle reste les histoires d'amour sur fond de lèpre (pas très glamour hein ?). Ça n'empêche que j'ai passé un très bon moment et que je ne regrette absolument pas ma lecture :)

L'Héritage - Katherine Webb

L'Héritage - Katherine WebbKatherine Webb, née en 1977, a étudié l'Histoire à l'université de Durham. Après avoir vécu à Londres et à Venise et occupé des emplois aussi divers que serveuse, jeune fille au pair, aide-bibliothécaire, relieuse ou femme de chambre, elle vit aujourd'hui dans la campagne du Berkshire. L'Héritage est son premier roman, un best-seller en Angleterre, finaliste du prestigieux Galaxy Award.

Nombre de pages : 523 pages

Prix : 8,10€

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"Sorton Mannor, Angleterre. Un somptueux domaine où les soeurs Calcott ont passé toute leur enfance, jusqu'à la disparition mystérieuse de leur cousin Henry. A la mort de leur grand-mère, Beth et Erica reviennent au manoir, laissé à l'abandon depuis des années. En découvrant par hasard une étrange photo, elles vont mettre au jour un terrible secret, qui pèse sur leur famille depuis quatre générations."

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En ce moment, je suis dans une période où je lis beaucoup de littérature anglaise, avec ses manoirs, ses secret de famille etc., et je ne m'en lasse pas !

Ce roman est tout à fait dans ce style, et franchement je l'ai adoré. En plus, la couverture est magnifique, d'ailleurs c'est antièrement grâce à elle que je me suis attardée sur ce livre plutôt qu'un autre.

Dans cette histoire, les chapitres sont construits en parallèle et l'on suit à la fois l'histoire d'Erica et de Beth Calcott, qui se passe à notre époque et dont Erica est la narratrice, et l'histoire de Caroline, leur arrière-grand-mère, qui se passe au début du XXe siècle.

Les chapitres concernant Caroline me plaisaient beaucoup au début, j'ai notamment apprécié de découvrir le mode de vie de la bourgeoisie de l'époque, mais petit à petit elle a commencé à sérieusement m'agacer, car elle passe son temps à se plaindre de tout. C'est le type même de l'héroïne gnangnan, typique des romans à l'eau de rose, pourtant quand Erica et Beth (qui l'ont connue puisqu'elle a vécu très longtemps) parlent d'elle, c'est pour nous décrire une femme froide, méchante et incapable d'aimer sa propre fille, ce qui n'aide pas à la rendre sympathique pour le lecteur. En gros, c'est tout ou rien avec Caroline, il n'y a pas de juste milieu, et je n'ai pas réussi à m'y attacher plus que ça.

Pour les parties concernant Erica et Beth, elles m'ont semblé longues au début, mais on découvre petit à petit, grâce à l'entêtement d'Erica, ce qu'il s'est vraiment passé lorsque son cousin Henry a disparu et pourquoi il y a tant de secrets autour de sa famille. Le fait qu'on sache ce qu'il s'est vraiment passé dès le chapitre suivant, en revenant à Caroline, donne une nouvelle vision de l'histoire et nous apprend des chose que même Erica ne saura jamais. Cependant, Erica et Beth ne sont pas exemptes de critiques. J'ai trouvé Erica très gnangnan lorsqu'il s'agit du garçon qu'elle et sa soeur ont connu étant plus jeune, et Beth m'a profondément irritée avec sa dépression et son inertie constante.

Malgré tout, j'ai passé un moment sympathique avec ce livre, et certains personnages secondaires sont assez attachants, comme par exemple Ed, le fils de Beth.

De plus, l'ambiance du livre, grâce au manoir et à son isolement, à cette marre mystérieuse et au petit village pittoresque aux alentours de la demeure, rend la lecture encore plus prenante et agréable, et le dépaysement, pour ma part, était total.

Conclusion : Une histoire sympa avec une ambiance anglaise typique, un peu entachée cependant par la fadeur de certains personnages, mais que je te conseille quand même si tu aimes les secrets de famille et le XXe siècle !

Granny Webster - Caroline Blackwood

Granny Webster - Caroline BlackwoodCaroline Blackwood est née à Londres en 1931 dans une riche famille aristocratique anglo-irlandaise (elle est une héritière Guinness par sa mère). À 19 ans, elle rencontre Lucian Freud avec qui elle s'installe un temps à Paris. En 1953, ils retournent vivre à Londres où ils se marient. Elle fréquente différents cercles d'artistes et écrit pour des revues (Encounter, London Magazine). Après avoir quitté Lucian Freud, elle part pour New York et Hollywood où elle tourne dans plusieurs films. Elle épouse alors le pianiste américain d'origine polonaise Israel Citkowitz, qui lui donne trois enfants. De retour à Londres, Caroline Blackwood rencontre Robert Lowell, déjà reconnu comme un des plus grands poètes du XXe siècle aux États-Unis. En 1970, ce dernier quitte l'écrivain Elizabeth Hardwick pour épouser sa nouvelle muse. Leur relation passionnelle est bouleversée par les tendances maniaco-dépressives de Robert Lowell. Il retourne à New York où il meurt dans un taxi alors qu'il allait rejoindre son ex-épouse, un portrait de Caroline peint par Lucian Freud serré dans ses bras. Caroline retourne aux États-Unis en 1987. Elle continue d'écrire, activité qu'elle a poursuivie tout au long de sa vie, publiant une dizaine de livres. Elle meurt à New York à l'âge de 64 ans.

Nombre de pages : 160 pages

Prix : 5,10€

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"Envoyée en convalescence au bord de la mer chez son arrière grand-mère, une vieille dame acariâtre qui ne se déplace qu'en Rolls, vit comme à l'époque victorienne et évite toute émotion pour ménager son coeur, une jeune fille - qui n'est pas sans rappeler Caroline Blackwood - découvre peu à peu les secrets qui se cachent derrière les rideaux empesés de la luxueuse demeure... La description de cette grande famille irlandaise, avec une tante excentrique et suicidaire, une grand-mère un peu dérangée et une femme de chambre borgne, est d'une réjouissante noirceur."

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Si je vous ai mis la longue (mais intéressante) biographie de Caroline Blackwood, c'est parce que ce roman est très largement autobiographique, et je pense qu'on l'appréhende mieux en connaissant les grands axes de sa vie.

Ce petit livre est construit en quatre parties retraçant chacune un moment de la vie d'une famille anglo-irlandaise.

L'histoire commence deux ans après la seconde guerre mondiale, lorsque la narratrice, âgée de 14 ans, doit partir en convalescence chez son arrière-grand-mère Webster, qui est la seule à habiter non loin de l'air marin dont elle a besoin pour se rétablir. Malheureusement, l'arrière-grand-mère Webster n'appréciant pas grand chose, elle ne pourra jamais aller jusqu'à la plage durant les deux mois que dure son séjour, et elle n'aura pour compagnie que cette parente étrange et sa femme de chambre borgne.

Quelques temps après ces laborieuses "vacances", la jeune fille va se renseigner petit à petit sur sa famille, sur cette arrière-grand-mère si stoïque, sa grand-mère folle à lier, son père, décédé durant la seconde guerre mondiale, et sa tante excentrique et suicidaire.

Lire ce roman a été un plaisir, et son humour noir et décalé est un vrai régal ! C'est une narration très "anglaise", et je trouve que la couverture (qui est magnifique) représente parfaitement l'atmosphère du livre.

Pour que tu comprennes mieux, voici quelques extraits qui rendent le plus justice au style d'écriture absolument génial de Caroline Blackwood et qui sont particulièrement drôles :

"Une fois que Richards avait enfin réussi à nous servir, l'arrière-grand-mère Webster la remerciait toujours et il y avait dans son ton quelque chose d'excessivement grave, comme s'il lui avait fallu faire un courageux et douloureux effort ne serait-ce que pour parler. Elle était assise là, avec sur le visage un air de lassitude et de malaise si affreux qu'elle parvenait à voler la vedette à Richards et faire croire que la prouesse qui consistait à gravir le terrible escalier du sous-sol chargée de son plateau n'était pas du tout remarquable si on se rappelait que dès les premières heures de la matinée elle-même était restée dans un silence courageux et stoïque à endurer sans plainte l'atroce inconfort de sa chaise au dos si dur." p. 25

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"Je crois qu'elle ne se rendait pas compte à quel point elle me glaçait quand elle tentait de me convaincre qu'elle était sûre que j'allais devenir exactement comme elle." p. 39

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"J’ai cru que j'allais faire une attaque, dit tante Lavinia. Ça me rendait apoplectique de penser que le même ignoble petit bonhomme qui m'avait interdit d'avoir un peigne et un rouge à lèvres avait osé entrer dans ma chambre privée pour couvrir mes pansements de ses baisers lascifs et pervers." p. 59

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Caroline BlackwoodConclusion : Ce livre est merveilleusement bien écrit et son humour grinçant, bien qu'il ne puisse plaire à tout le monde, est un réel plaisir qui change des livres plus "classiques".

Paradis sur mesure - Bernard Werber

Paradis sur mesure, B. WerberBernard Werber, né le 18 septembre 1961 à Toulouse, est un écrivain français. Il est principalement connu pour sa Trilogie des Fourmis.

Son œuvre, traduite dans une trentaine de langues, fait se rencontrer philosophie, spiritualité, science-fiction, polar, biologie, mythologie, etc. Cocktail que l'auteur qualifie parfois de philosophie-fiction.

Prix : 7,60 €

Nombre de pages : 504 pages (à vérifier)

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"Bernard Werber a toujours aimé alterner gros roman et forme courte, genre qu’il affectionne particulièrement. Dans ce recueil, on le retrouve fidèle aux sujets qui le préoccupent : l’avenir de l’homme, de la planète, l’inconscience de notre monde. Chaque nouvelle nous entraîne vers un questionnement : quelles politiques, quelles sanctions faut-il inventer pour que nous cessions de nous détruire ? Que deviendrait une Terre sans hommes (un monde-jardin peuplé de femmes pacifiques ayant occulté jusqu’au souvenir du mâle) ? Qu’est-ce en réalité qu’une réunion de copropriétaires dont le syndic est un fieffé filou ?… De l’universel au particulier en passant par la société des fourmis, Werber rêve l’humain, heureux de nous transmettre un avenir… possible."

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Je ne vais pas vous le cacher, j'adore Bernard Werber. Mais vraiment. Si j'avais les moyens, j'achèterais et je lirais tous ses livres (mais il en écrit tellement, je ne peux pas suivre^^). Bref.

C'est donc avec joie que j'accueillais ce livre aimablement prêté par un ami, mais pour une durée déterminée. Je l'ai donc attaqué avec entrain : "Chouette, y a plein de nouvelles (17), j'vais d'abord lire les bien, et après je verrais, mais comme c'est Werber, c'est forcement bien !" Et bien les amis, que nenni !

C'est du Werber, certes, mais c'est du vu et revu ! Toutes les nouvelles m'en rappelaient d'autres que j'avais lues, elles étaient vraiment trop tirées par les cheveux (c'est assez souvent le cas, mais là...^^) et n'étaient pas forcement intéressantes.

D'ailleurs, je ne les ai même pas toutes lues (bon ok, c'est aussi parce que j'ai pas eu le temps^^), mais franchement, je pense que je n'ai rien manqué !

Je suis donc hyper déçue, Bernard vraiment, je m'attendais à mieux ! J'espère que tu te rattraperas la prochaine fois !

Bernard WerberConclusion : Si vous n'avez pas encore lu d'autre recueil de nouvelles de Bernard Werber, vous pouvez le lire, mais si vous connaissez son style, vous n'allez rien lire de neuf, vraiment.

En tout cas, merci quand même à Christophe de m'avoir si gentiment prêté ce livre !

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