Coup de coeur

Trois soeurcières - Terry Pratchett

Trois soeurcieres - Terry PratchettTerry Pratchett est né en 1948 dans le Buckinghamshire ; nous n'en savons pas d'avantage sur ses origines, ses études ou sa vie amoureuse. Son hobby, prétend-il, c'est la culture des plantes carnivores. Que dire encore de son programme politique ? Il s'engage sur un point crucial : augmentons, dit-il, le nombre des orangs-outans à la surface du globe, et les grans équilibres seront restaurés. Voilà un écrivain qui donnera du fil à retordre à ses biographes !

Sa vocation fut précoce : il publia sa première nouvelle en 1963 et son premier roman en 1971. D'emblée, il s'affirma comme un grand parodiste. Mais le grand tournant est pris en 1983. Pratchett publia alors le premier roman de la série du Disque-Monde, brillant pastiche héroï-comique de Tolkien et de ses imitateurs.

Terry Pratchett a été anobli par la reine en 2008, et a reçu de nombreuses récompenses pour son œuvre.

Ses autres romans : Il y en a trop (plus d'une trentaine !) pour que je puisse les citer :)

Nombre de pages : 286 pages

Prix : 6,10 €

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Le vent, l'orage et les éclairs... Tout cela dans l'horreur d'une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folle dans l’œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla : "Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?" Une autre voix, plus naturelle, répondit : "Ben, moi j'peux mardi prochain." Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n'en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l'avantage du roman par rapport au théâtre c'est que l'on peut s'autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d'un balai de sorcière !

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D'après tout ce que j'ai entendu, Terry Pratchett est un auteur incontournable qu'il faut absolument avoir lu pour pouvoir mourir en paix. Maintenant que c'est chose faite, je confirme, tu DOIS lire un de ses livres (et ne viens pas me dire qu'il n'y a pas assez de choix) !

Cet auteur est vraiment extra, je me suis marrée du début à la fin, il a toujours LA petite phrase pour nous faire sourire, et ce même dans les pires situations. J'avais commencé à noter toutes les pages drôles dont je pourrais mettre un extrait dans cet article, mais quand je me suis rendue compte que je notais une page sur deux, j'ai décidé d'arrêter.

Je ne trouve pas les mots pour te dire à quel point ce livre est génial, alors je vais commencer par t'en faire un résumé.

Trois soeurcières est le sixième tome des Annales du Disque-Monde, un monde imaginaire plat et circulaire soutenu par quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d'une grande tortue, qui se déplace dans le cosmos. Eh ouais, rien que ça. Et en plus, il y a de la magie, des fantômes, des trolls, des sorcières, des nains, des rois, et surtout, beaucoup d'humour et d'ironie ! Ça te donne pas envie de le lire ça ?

Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail sont trois sorcières qui, normalement, ne se mêlent jamais des histoires des gens "normaux". Pourtant, elles se retrouvent embarquées bien malgré elles dans une histoire de régicide qui va les sortir de leur petit train-train quotidien.

L'un des thèmes principaux de cette histoire est le théâtre. Il y en a énormément, et je dirais même que c'est un élément clé de l'histoire. J'ai d'ailleurs adoré le moment où Mémé Ciredutemps assiste pour la première fois à une pièce et ne comprend pas que ce qui est joué n'est pas la réalité, ce qui donne des dialogues à mourir de rire !

Je trouve d'ailleurs que l'humour de ce roman rappelle par moment l'humour un peu absurde des Monty Python (mais en moins exagéré peut-être).

Bon après, l'histoire en elle-même est plutôt banale, mais ce qui est intéressant dans ce livre, c'est vraiment les situations cocasses et les dialogues génialissimes entre les personnages, qui m'ont fait rire du début à la fin !

Je ne vais pas faire un article de trois mètres de long pour ce livre car une fois qu'on évoque l'histoire et l'humour omniprésent, l'essentiel est dit. Je te laisse découvrir le reste par toi-même :)

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" "C'est une honte ! lâcha sèchement Mémé. Et le pauvre mort qu'est toujours là, par terre !"

Magrat jeta un regard implorant à Nounou Ogg, laquelle mastiquait une pomme et observait la scène d'un oeil d'expert scientifique.

"Moi, m'est avis, dit-elle lentement, m'est avis que tout ça, c'est du chiqué. Regardez, il respire toujours."

Les autres spectateurs, qui avaient à présent conclu que le commentaire faisait partie intégrante de la pièce, considérèrent comme un seul homme le cadavre. Qui rougit. " (p. 37)

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" "Vous... vous n'allez pas m'obliger à y retourner, n'est-ce pas ? demanda-t-il ?

- Hein ?" fit le duc. Il eut un geste irrité. "Non, non, dit-il. Aucunement. Passez donc chez le bourreau en partant, voyez quand il peut vous prendre." " (p. 66)

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"Son cou, ses doigts, ses bras portaient à eux tous assez d'argenterie pour forger un service de table au grand complet (...). Sous une certaine lumière et un angle bien choisi, Magrat n'était pas sans attraits. (...) Elle se redressa, se tourna d'un côté, puis de l'autre. Les amulettes, bijoux magiques et bracelets cabalistiques accumulés un peu partout sur son anatomie s'entrechoquèrent ; il aurait fallu qu'un ennemi éventuel fût aussi sourd qu'aveugle pour ne pas remarquer qu'une sorcière approchait." (p. 120)

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Terry PratchettConclusion : Un incontournable de la littérature satirique, où l'on retrouve tous les ingrédients d'un bon roman fantastique (avec indéniablement une touche d'humour en plus, qui manque d'ailleurs cruellement à certains romans fantastiques) des personnages très drôles et attachants et une histoire qui, pour une satire, tient carrément la route.

Multiversum - Leonardo Patrignani

Multiversum - Leonardo PatrignaniLeonardo Patrignani est né en Italie, à Moncalieri, en 1980. Compositeur, acteur de doublage et lecteur passionné des romans de Stephen King, il écrit des histoires depuis l'âge de six ans. Multiversum est son premier roman.

Nombre de pages : 332 pages

Prix : 15€

Feuilleter un extrait ici.

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Alex vit en Italie, Jenny en Australie. Ils ne se sont jamais vus pourtant ils se connaissent depuis toujours, unis par un lien télépathique très fort. Le jour où ils cherchent à se rencontrer, ils découvrent qu'il existe une infinité d'univers parallèles et que la réalité qui les entoure n'est qu'une de ces multiples dimensions. Parviendront-ils à se rejoindre tandis que leur destin semble lié à celui, inéluctable, de la Terre? Existe-t-il un monde où vivre leur amour ?

Une histoire d'amour intense dans un dédale d'univers parallèles : le premier volume d'une aventure vertigineuse !

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Ça fait un moment que j'avais repéré ce livre dont beaucoup de blogs parlent en ce moment, et presque toujours en bien, et quand j'ai vu la couverture, j'ai su que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n’atterrisse dans ma bibliothèque. J'ai pas mal de livres avec une jolie couverture, mais celui-ci est l'un des plus beaux :) Je précise d'ailleurs que sur la 4e de couverture, on voit la même image, mais avec Alex cette fois, et je trouve que c'est une très belle mise en scène.

Concernant l'histoire, c'est un peu compliqué et le résumé en dit beaucoup, peut-être même un peu trop, car alors que les deux protagonistes se demandent ce qu'il peut bien leur arriver, on le sait depuis le début et leurs recherches nous paraissent un peu inutiles.

Les personnages principaux, Alex et Jenny, m'ont parus un peu creux et se laissent beaucoup porter par les évènements, restant là à attendre que ça se passe. Marco, le meilleur ami d'Alex, est quant à lui mon personnage préféré. C'est celui avec lequel j'ai le plus accroché, qui m'est apparut comme le plus complexe, le plus triste aussi, car il n'a pas été gâté par la vie : ses deux parents sont morts dans un accident de voiture alors qu'il était enfant, accident dans lequel il a aussi perdu l'usage de ses jambes. On suit beaucoup plus Alex que Jenny, ce qui m'a un peu dérangée car j'aurais aimé la connaître plus, et les moments où on la voyait elle me paraissait un peu... je sais pas, un peu nunuche peut-être, car elle refuse souvent les explications d'Alex et se met à bouder dès que quelque chose la contrarie.

En ce qui concerne les univers parallèles, j'avoue que je n'ai pas bien tout compris^^ Les explications sont parfois insuffisantes voire carrément manquantes et c'est assez frustrant. Mais l'intrigue, qui met un peu de temps à se mettre en place, s'emballe d'un coup et devient de plus en plus intéressante et prenante (voire angoissante) à certains moments, et j'ai beaucoup aimé me promener avec Alex et Jenny dans les univers parallèles, découvrir des réalités identiques et différentes à la fois (oui, cette phrase a un sens^^).

La fin est incroyable, surprenante, et d'une certaine manière un peu horrible. Je ne peux pas te la raconter, forcément, mais c'est vraiment la meilleure partie du livre et elle laisse présager une suite d'enfer ! Le tome 2, Memoria, vient d'ailleurs de sortir en Italie.

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"A l'autre bout du monde, Marco imprimait des pages et des pages, soulignait des paragraphes, prenait des notes sur un bloc de papier A4 à petits carreaux. Il sentait venir une explication à ce qui était arrivé à Alex, même si elle paraissait incroyable. Il avait déjà une idée, mais il devait encore vérifier certaines informations. Tout cela pouvait sembler dénué de fondement raisonnable, paraitre invraisemblable, pour ne pas dire paranormal, mais toutes les pistes menaient dans la même direction. En admettant que son ami ne souffre pas de problèmes psychiques, il n'y avait qu'une seule réponse possible. Une réponse venue d'une question que Marco s'était posée des années plus tôt, le jour de l’accident où ses parents avaient perdu la vie." (p. 74)

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Lenardo PatrignaniConclusion : Un livre dont l'histoire est vraiment très intéressante et dont j'ai hâte de lire la suite, malgré des personnages un peu creux et des explications parfois manquantes. Je le recommande quand même à tout le monde car l'intrigue vaut vraiment le détour !

Côté face - Anne Denier

Côté face - Anne DenierAnne Denier, connue sur le web sous le pseudo de Reveanne, publie depuis très longtemps ses textes en ligne, notamment sur l’Encrier. Côté Face est publié en auto-édition.

Nombre de pages : 402 pages

Prix : 19€

Site officiel ici.

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J'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence. Un autre côté de moi-même. "Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner." J'avais une vie...

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Tout d'abord, je remercie Stellablogueuse de m'avoir si gentiment envoyé ce livre voyageur, dont je te parlais ici.

J'ai reçu ce livre il y a déjà plusieurs mois (octobre ...) mais à ce moment là j'étais en plein déménagement et sans internet, et la chronique de ce livre m'est complètement sortie de la tête, shame on me. Et puis il y a quelques jours, j'ai vu sur un blog qu'il allait être réédité, et là, grand moment de panique (et de solitude) "Merde, ma chronique !". Donc, la voilà :)

Je me rappelle avoir littéralement dévoré ce livre tellement l'intrigue est prenante. Je sais que beaucoup de personnes le trouvent étrange et qu'il les a mises mal à l'aise, mais ce n'était pas mon cas.

L'histoire est géniale et tellement inédite, c'est un vrai plaisir de lire quelque chose qui sort de l'ordinaire, à la limite du fantastique mais qui a pourtant l'air tellement réel.

Après une chute dans les escaliers, l'héroïne a perdu la mémoire et se réveille avec des souvenirs qui ne sont pas les siens. Petit à petit, elle comprend que ces souvenirs ne sont autres que des réminiscences d'une vie antérieure, et que celle-ci pourrait avoir un impact sur sa vie actuelle...

Je pense que l'impression "étrange" qui se dégage de ce livre est en partie due au fait qu'on ne connait jamais le nom de l'héroïne ni de sa famille. Seuls les personnages de sa vie antérieure ont des noms (Côme et Nebel), et elle-même s'appelle Hyla.

Le roman est construit avec de nombreux flash-back, et c'est vrai qu'à certains moments c'est un peu dur de s'y retrouver, mais ils sont un élément essentiel et indispensable de l'histoire, et j'ai beaucoup apprécié les détails avec lesquels l'auteure décrit cette partie de l'histoire.

L'intrigue dans le présent se passe à Montpellier (si tu y habites il est possible que tu retrouves des endroits que tu connais dans ce livre - j'attends avec impatience le jour où un auteur décidera d'écrire un livre dont l'intrigue se passe à Dijon^^) et celle dans le passé se situe en Allemagne. Bien entendu, il y a une histoire d'amour, mais pour une fois rien de gnangnan, juste des sentiments à l'état pur, magnifiques, passionnels et intemporels.

Le style de l'auteure est fluide, très agréable à lire, et c'est une très bonne surprise pour une auto-édition (pas de fautes d'orthographe, de coquilles, ...).

Je compte bien m'acheter ce livre, qui est à nouveau édité depuis le mois de mai, car c'est vraiment une bonne découverte et la couverture est vraiment magnifique (je trouve d'ailleurs qu'elle représente très bien l'atmosphère du livre).

J'ai hâte de lire le tome 2, Noces de Lune, dont la couverture est aussi belle que ce tome-ci.

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"C’était aussi accepter d’avoir été quelqu'un d’autre, ailleurs, avant, d’avoir pu accomplir des actes que chaque fibre de votre corps réprouvait, d’avoir pu vivre des moments si horribles que vous ne pourriez plus jamais fermer l’œil.

(...)

C’était aussi accepter d’avoir vécu des choses si belles et si fortes mais à tout jamais perdues."

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Conclusion : Un super livre que je recommande à tout le monde, mais en particulier à ceux qui aiment les romans qui sortent de l'ordinaire, avec un je ne sais quoi d'étrange et de mystérieux :)

L'apprenti épouvanteur - Tome 1 - Joseph Delaney

L'pprenti épouvanteur - T1- Jospeh DelaneyJoseph Delaney est né en 1945 à Preston, en Angleterre. Il a tout d'abord exercé la profession de professeur d'anglais spécialisé en littérature fantastique. Sa carrière d'écrivain a commencé avec le livre Mercer's Whore sous le pseudonyme de J. K. Haderack. Spécialisé dans les romans de jeunesse, il a ensuite utilisé son véritable nom pour écrire le cycle The Wardstone Chronicles (littéralement « Les Chroniques de la pierre des Ward ») connu officieusement comme la série de l'Épouvanteur. Il vit en Angleterre avec sa famille dans le Lancashire, où il puise son inspiration pour son œuvre.

Nombre de pages : 275 pages

Prix : 13,50€

Site sur la série ici.

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"L’Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d’être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu’un le fasse. Il faut que quelqu’un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable."

Thomas Ward, le septième fils d’un septième fils, devient l’apprenti de l’Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire… Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l’horreur commence…

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Tout d'abord, je vais te répéter l'avertissement écrit sur la 4e de couverture, afin que tu sois tout de suite plongé(e) dans l'ambiance et que tu sache à quoi t'attendre :

"Attention, histoire à ne pas lire la nuit..."

"Pour les lecteurs avertis."

"Cet ouvrage comporte des scènes susceptibles de perturber les jeunes lecteurs."

Bon, je te rassure, ces avertissements sont un peu exagérés. C'est vrai qu'il y a beaucoup de scènes où il y a du sang, de gens qui meurent etc, mais autant j'ai horreur du sang en général, autant là, ça ne m'a absolument rien fait. Donc pas de soucis de ce côté là.

Maintenant, laisse-moi te parler de la couverture, que je trouve superbe. La photo ne lui rend pas justice, mais il s'agit d'une imitation cuir, avec les écritures et le dessin en relief, et qui est du plus bel effet dans une bibliothèque. J'adore l'esprit épuré, ça change des romans de fantasy qu'on trouve en librairie et qui se ressemblent tous, et c'est d'ailleurs grâce à ça que j'ai repéré ce livre.

Tom Ward est le septième fils d'un septième fils, et en cette qualité il ressent des choses que seuls les septièmes fils ressentent (un grand froid lors de l'approche de l'obscur, la capacité de voir les esprits...), ce qui les privilégie pour devenir épouvanteurs. Cependant, avant de pouvoir lutter seul contre les forces de l'obscur, un futur épouvanteur doit d'abord être en apprentissage durant cinq ans chez un autre épouvanteur. Les habitants du Comté, bien qu'ils fassent appel à eux pour les débarrasser des esprits et autres gobelins qui les harcèlent, craignent les épouvanteurs et font tout pour les éviter, craignant qu'ils n'attirent l'obscur chez eux. On peut donc comprendre que le jeune Tom ne soit pas hyper jouasse à l'idée de devenir l'apprenti de John Gregory et d'en faire son métier. Cependant, sa mère, qui n'est pas tout à fait comme les autres, l'encourage dans cette voie car d'après elle, son fils va devenir le plus grand épouvanteur jamais connu, le premier à faire trembler l'obscur, le seul espoir du Comté. Il a donc une lourde responsabilité et sa tâche ne sera pas de tout repos.

Dans ce premier tome, Joseph Delanay plante le décors pour ses futurs tomes et met en place l'intrigue principale de la série : Qui est vraiment la mère de Tom ? Qui est cette mystérieuse  Alice ? Et pourquoi Tom serait le seul à pouvoir se dresser contre l'obscur ? A côté de cela, on assiste aux premiers pas de Tom en tant qu'apprenti épouvanteur, ses doutes, ses craintes, son envie fréquente d'abandonner ainsi que ses erreurs de débutant ; on apprend également beaucoup de choses sur le monde de l'obscur, en particulier à propos des sorcières. Tom n'a que 12 ans, et comme c'est lui le narrateur, je trouve que cela se ressent un peu. Heureusement il gagne en âge (forcément) et en maturité à chaque tome, et ceux-ci sont de mieux en mieux !

J'aime beaucoup la narration et la façon d'écrire de Joseph Delaney. Son écriture est simple, sans chichi, et elle rend bien compte de l'état d'esprit de Tom.

Les livres finissent toujours de la même manière : Tom nous explique avoir écrit ce récit de mémoire et expose sa situation actuelle.

Ce livre se lit d'une traite car l'histoire est vraiment captivante (et aussi parce que c'est écrit gros :) ). Une fois que tu l'auras commencé, tu ne pourras plus le lâcher et tu voudras absolument connaître la suite (il y a neuf tomes pour l'instant, treize sont prévus, il me semble).

"Nous sommes l'un et l'autre le septième fils d'un septième fils, et nous avons le don de voir ce que les autres ne voient pas. Ce don est parfois une malédiction. Si nous avons peur, certains êtres se nourriront de cette peur ; notre peur les rend plus forts. Le seul moyen de leur tenir tête, c'est de te concentrer sur ce que tu vois et de cesser de penser à toi. C'est toujours efficace." (p. 31)

"J'ai écrit ce récit de mémoire, en me servant également de mon cahier et de mon journal. (...) Je ne suis qu'un apprenti, mais un jour, je serais l'épouvanteur." (p. 275)

joseph-delaney.jpgConclusion : Un livre prometteur et captivant, avec des personnages très attachants. Pour tout te dire, ça fait bien longtemps que je n'avais pas été autant emballée par une série (la dernière fois, c'était Everworld, par K. A. Applegate) !

P.S. : Je trouve que Joseph Delaney ressemble beaucoup à l'idée que je me fais de John Gregory :)

Et voici l'autre couverture, celle sortie aux États-Unis, Angleterre et compagnie je crois. Alors, laquelle tu préfères ? Pour moi il n'y a pas photo, la nôtre est terriblement plus classe !

The spook's apprentice - T1

Robe de marié - Pierre Lemaitre

Robe de marié - Pierre LemaitrePierre Lemaître est né à Paris en 1956. Il a animé des cycles d'enseignement de la littérature. Il se consacre désormais à l'écriture, en tant que romancier et scénariste.

Ses autres oeuvres : - La trilogie Verhoeven (Travail soigné ; Alex ; Sacrifices) - Cadres noirs - Les grands moyens

Prix : 6,60 €

Nombre de pages : 314 pages

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"Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir.
Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite ; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape...
Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique."

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Normalement, ce genre de littérature, un peu policier, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais je l'ai trouvé d'occasion à moitié prix, et j'avais déjà vu des avis positifs sur ce livre, donc je me suis dit « pourquoi pas ? ». Une chose est sûre, je ne regrette pas du tout !

Ce livre est génial, et encore, c'est un euphémisme ! Quand je l'ai commencé, je l'ai trouvé un peu spécial, mais dès que l'intrigue à commencé à se dessiner, j'étais à fond dedans, je l'ai lu d'une traite.

Je ne sais pas par où commencer pour te raconter cette histoire incroyable, surtout sans dévoiler d'indices concernant l'intrigue !

Déjà, le roman est construit en trois parties.

Dans la première, on suit Sophie, une jeune femme qui d'entrée de jeu se déclare folle. On apprend qu'elle a vécu un drame, elle a perdu son mari et ce, dans des circonstances étranges.

De plus, on apprend qu'elle souffre souvent d'absences, des périodes qui vont de quelques secondes à quelques minutes, où elle ne se souvient plus de ce qu'elle a fait. Alors, elle note tout dans des carnets, mais elle ne se rapelle plus d'où elle les a mis. Au début, sa folie a commencé doucement, elle oubliait sa pilule, perdait des objets, ne se rappelait plus où elle avait garé sa voiture, réservait des places pour un opéra puis les annulait, oubliait qu'elle avait annulé et s'y rendait quand même, etc etc. Puis ça a été de pire en pire, jusqu'au drame. Sophie se dit responsable de la mort de sa belle-mère ainsi que de celle de son mari. Mais elle a réussi à se reconstruire et est devenue la nounou d'un petit garçon qui l'adore. Pourtant, de nouveau, les morts s'enchaînent, elle est une nouvelle fois impliquée dans des meurtres dont elle n'a aucun souvenir.

La première partie commence donc alors que Sophie est déjà folle, et est recherchée par la police pour ces fameux meurtres. On suit sa cavale, la façon dont elle essaie de s'en sortir, mais elle a l'air si fragile qu'on ne sait pas si elle pourra s'en sortir plus d'une journée avant que la police ne l'attrape (et je ne te dirais pas si elle y arrive :p).

La deuxième partie remonte un peu le temps, on retrouve Sophie, mais avant sa folie, on suit peu à peu la façon dont justement elle est devenue folle, et surtout on apprend pourquoi.

Et là, c'est le choc, la douche froide. Ça devient étrange, flippant, ça nous met mal à l'aise, on aimerait bien pouvoir l'aider, lui expliquer ce qui lui arrive et pourquoi, mais on doit rester là, en spectateurs impuissants.

Cette deuxième partie est ma préférée, c'est celle où l'on voit tout le talent de l'auteur, tout son génie, où on se dit qu'il faut être fou ou terriblement intelligent pour pouvoir inventer un truc pareil, et je peux te dire que la nuit où j'ai lu cette partie, je n'ai pas dormi tranquille !

La troisième partie, hélas, je ne peux pas t'en parler sous peine de te dévoiler toute l'histoire, mais elle n'est pas mal non plus. Je tiens à signaler, au passage, que la fin, en plus d'être très surprenante, nous fait enfin comprendre le titre, Robe de marié sans « e », et encore une fois c'est vraiment bien trouvé, je tire mon chapeau à l'auteur.

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« Sur la table de nuit de l'autre côté du lit, elle sent la présence de la petite photo d'identité de Sophie qui est sa plus chère possession. Ce n'est pourtant pas grand-chose : le genre de portrait automatique et maladroit, sur fond terne, qui fait sale même neuf, qui vous navre quand il apparaît à la sortie de l'appareil, dont vous vous dîtes que, pour une carte de transport, « ça n'a pas d'importance », mais que vous recroisez toute l'année en vous désolant de vous trouvez si moche. » (p 252-253)


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Pierre LemaîtreConclusion : Ce livre est un livre que je conseille à absolument tout le monde, même ceux qui n'aiment pas les policiers, car ça n'en est pas vraiment un, c'est plutôt une sorte de roman psychologique, une lecture dont on ne sort pas indemne et qui nous habite pendant un long moment.

Passe moi le jeu de mots, mais Pierre Lemaître est vraiment... un maître du suspense ! Voilà, il fallait bien que quelqu'un la fasse :)

La femme du vampire - Nina Blazon

La femme du vampire - Nina BlazonNina Blazon est née en 1969. Elle a publié plusieurs romans fantastiques et historiques. Elle est passionnée d'histoire, très attachée aux mœurs et croyances populaires de l'Europe de l'Est et à l'histoire scientifique, médico-historique des vampires.

Nombre de pages : 391 pages

Prix : 16€

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"Au XVIIIe siècle, en Serbie, la jeune Jasna est vendue par son père à Jovan, un riche propriétaire, qui cherche une épouse pour son fils Danilo.
Elle quitte alors ses soeurs et la maison paternelle pour s'installer dans les trois mystérieuses tours de la famille Vukovic. Très vite, Jasna réalise que son mari cache un sombre secret. Une fois le mariage célébré, il ne l'approchera plus jamais. Des faits effrayants se produisent : morts suspectes de villageois, moutons égorgés, chevaux blessés... Danilo serait-il un vampire ? C'est avec Dusan, un bûcheron fantasque - le seul à lui avoir tendu la main -, que Jasna va découvrir toute la vérité."

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J'ai vraiment eu une bonne suprise en lisant ce livre. En effet, en l'achetant je m'attendais un peu à un truc du genre Twilight (en partie à cause du titre et de la couverture), mais en fait, je me gourrais complètement en pensant ça car ça n'a rien à voir ! Et finalement, tant mieux :)

Je te fais un petit topo : une jeune fille, Jasna, vit avec son père (alcoolique et violent) et ses cinq soeurs. Sa mère est décédé quelques temps auparavant ainsi que l'une de ses soeurs aînées. Ils vivent dans la misère et la pauvreté, dans un coin un peu reculé de leur village, en Serbie. Une nuit, un marchand étranger, Jovan Vukovic frappe chez eux pour s'abriter d'un orage violent. Il s'avère que ce marchand est riche (surtout comparé à eux) et qu'il cherche une épouse pour son fils, Danilo (et comme par hasard, il tombe chez un mec qui a pas moins de six filles). Pour le père de Jasna, ses filles ne sont que des poids inutiles (alors qu'elles participent toutes au travail de la ferme) et il rêve de s'en débarrasser (mais pas non plus de les tuer hein). On apprend d'ailleurs qu'il battait souvent sa femme car elle était "incapable" de lui donner un fils. Donc, quelle aubaine que ce marchand cherche une femme pour son rejeton ! Le père veut lui donner (ou plutôt lui vendre) sa fille aînée, Jelka, mais celle-ci est déja promise à un jeune homme parti en guerre. Donc, comme il faut suivre l'ordre de naissance, on lui propose la deuxième, Bela. Or ; Bela a quelques petits... problèmes. Elle passe pour une folle auprès des gens du village, car les phrases qu'elle prononce sont sans queue ni tête et font carrément flipper ("Sang de corbeau et orage de loup"). Au tour de Jasna. Bien sûr, du haut de ses quinze ans, on ne lui demande pas son avis et l'affaire est bouclée en deux deux. L'après-midi même elle part en abandonnant ses soeurs, sa maison et son cheval Noiraud, auquel elle tenait beaucoup, pour un pays et surtout un mari dont elle ne sait rien. Courageuse, elle tente plusieurs fois de s'échapper, mais sans succès. Ensuite, tout va très vite. A peine arrivée, on la marie le jour même à Danilo, sans même les emmener à l'Eglise (on les marie dans la chapelle de la demeure), et sans respecter la coutume qui veut que les mariages se fassent en automne, ce qui déplaît fortement à Jasna qui est très croyante. A partir de là, rien ne va plus. Il se passe des choses bizarres dans le domaine, et Jasna a l'impression que tout le monde lui cache des choses, y compris Nema, la servante muette qui est la seule à lui témoigner un peu de sympathie. Ce qui l'intrigue le plus, c'est la tour calcinée du domaine dont tout le monde semble avoir peur. De plus, au village, tout le monde se méfie de la famille Vukovic et les habitants l'évitent. On lui interdit même de se rendre à l'église car c'est une étrangère, et c'est bien connu, les étrangers sont tous dangereux. Mais elle ne se laisse pas abattre et continue ses recherches. Elle rencontre Dusan, un bûcheron nomade, qui va, au fil du temps, devenir son seul et unique ami. Mais d'autres faits étranges se passent, des bêtes sont retrouvées mortes, Jasna voit un visage démoniaque à la fenêtre, des objets disparaissent chez elle, et bientôt on ne tarde pas à parler d'un oudir, qui serait en lien avec la famille Vukovic. En français, un vampire...

Tout d'abord, le contexte. Ca se passe en Serbie, qui est sûrement, je n'en doute pas, un très beau pays, mais niveau noms etc. j'ai vraiment eu beaucoup de mal. A part certains assez faciles comme Jasna, Siméon ou même Dalino, tous les autres noms se ressemblent pour moi, et j'ai eu un mal fou à savoir qui était qui ! Pareil pour les noms de lieux, c'est un bordel pas possible de s'y retrouver. Cependant, point positif, au début du roman il y a un petit guide pour savoir comment prononcer certaines lettres (parce que non, ça ne ressemble pas du tout au français, par exemple C se prononce "tch"). C'est assez sympa à lire, mais si pour les deux premiers chapitres je retournais m'y référer, j'ai vite abandonné et je lisais les nom comme ils étaient écrits. Mais bon, ça rajoute un petit charme à l'histoire, et c'est un parti pris. D'ailleurs ça nous plonge un peu plus dans le mythe du vampire, style Vlad l'empaleur toussa toussa, car ne l'oublions pas, les origines du mythe du vampire viennent de lui (et donc de Valachie), ce qui fait que c'est bien plus crédible (je trouve) quand l'histoire se passe dans les pays de l'Est plutôt qu'aux Etats-Unis par exemple.

Passons à l'histoire. Enfin, plus précisémment aux recherches qu'a fait l'auteure pour bien maîtriser son sujet. Elle sait de quoi elle parle, et ça se voit. Elle a dû énormément se documenter pour écrire ce livre et j'ai adoré apprendre toutes ces choses sur les coutumes et les croyances en Serbie ! Par exemple, savais-tu que si un homme mourait sans avoir été marié, son âme ne pouvait pas trouver le repos car c'est comme si il n'avait pas accompli sa destinée. Du coup, on lui trouve une femme, et on les marie "sur la tombe". Oui oui, sur la tombe, on ouvre le cercueil et on marie le mort à la fille désignée. Ensuite, elle doit porter le deuil et vivre dans la famille de son "mari" pendant quarante jours. Ensuite elle peut se remarier (c'est juste hyper glauque !). Ou encore, quand quelqu'un meurt on met du pavot sur sa tombe, comme ça le mort ne peut pas se relever tant qu'il n'a pas fini de compter tous les grains.

Enfin bref, on est plongé dans le folklore des pays de l'Est et c'est vraiment super ! Ca donne une dimension presque documentaire, historique à ce livre, et je l'ai apprécié d'autant plus.

Quant à l'intrigue, elle m'a bien plu aussi. Le roman est à la première personne, c'est donc Jasna qui nous raconte elle-même ce qui lui arrive et comment elle ressent tous ces bouleversements. Elle est attachante, car malgré le contexte (XVIIIe, la place des femmes dans la société, soumises à leur père puis à leur mari, en Serbie en plus) c'est une battante, et elle ne se laisse pas faire, au risque de s'en prendre une. De plus, malgré sa peur elle est bien décidé à découvrir ce qu'il se passe et à braver les interdits. Elle n'est pas gnangnan comme certaines héroïnes, et franchement ça fait du bien :) J'ai aussi beaucoup aimé Dusan, ce sont les deux personnages que j'ai préféré.

L'histoire est très bien écrite et on est vraiment en suspense jusqu'au bout ! Quant à la fin, elle est plus que surprenante ! L'histoire est bien loin de tout ce qu'on connaît sur les vampires, avec les histoires d'amour gnangnan et tout, et en plus l'auteure nous explique à la fin qu'elle s'est inspirée de faits réels, ce qui donne au livre une dimension encore plus sombre. C'est vraiment très crédible, et on se rend compte que le moindre détail est important.

Je vais d'ailleurs sûrement le relire, car maintenant que je connais le fin mot de l'histoire je vais avoir un oeil neuf sur des événements que je ne comprenais pas toujours.

Ca va être bien !

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"L'ÉTRANGER FRAPPA À NOTRE PORTE au milieu de la nuit. Réveillée en sursaut, je prêtai l'oreille. Lazar Kosac ! pensai-je, la gorge serrée et le coeur battant. Dans la pénombre de la chambre, je m'aperçus que Bela s'était elle aussi redressée dans son lit. Au dehors, l'un des nombreux orages de printemps sévissait.
- Femme morte, murmura ma soeur. Pavot et plumes de pigeon.
- Dors, Bela, dors, chuchotai-je en me glissant hors du lit.
Mon père était déjà levé, j'entendais son pas traînant et irrégulier. Une porte grinça. Puis, légers comme un trottinement de souris, les pas pressés de mes petites soeurs. En descendant l'escalier, je vis leurs visages dans l'ombre de la porte. Majda, la plus jeune, clignait encore des yeux dans un demi-sommeil en serrant dans ses doigts un bout de sa chemise, comme pour retenir son dernier rêve. Derrière elle se trouvait ma soeur aînée, Jelka. Elle tenait déjà en main la hache quelle savait manier comme presque personne d'autre, ici en haut ou dans le village d'en bas.
- Prends le gourdin ! m'ordonna-t-elle.
Elle n'eut pas besoin de me le dire deux fois. Je me précipitai vers le crochet au mur, auquel pendait le bois noueux. Je le sentis lourd et familier dans ma main; mes doigts en connaissaient chaque entaille, chaque creux.
Un poing martela de nouveau notre porte.
- Ouvrez ! retentit une voix d'homme. Au nom de Dieu, laissez-moi entrer !" (Chapitre I)

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"Comme la lumière des lampes ne parvenait pas à éclairer l'arrière de la tour, je ne pus que deviner ses traits en cette nuit de nouvelle lune.

- Sinistre, pas vrai ? murmura-t-il nerveusement. Sais-tu que le loup en est responsable ? Chaque jour, il mange un bout de lune jusqu'à ce qu'il fasse assez sombre pour lui permettre de croquer le mouton sans être vu. Il s'en empiffre à tel point qu'il laisse ensuite la lune tranquille jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau pleine." (p. 176)

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Conclusion : Ce fut donc une très bonne découverte que je te conseille vraiment, mais surtout ne te fie pas à la couverture ni au titre ! Cependant, même si l'histoire est bien, je ne me suis pas tellement attachée aux personnages, mais ça vaut vraiment le coup pour toutes ces infos sur le mythe originel du vampire !


L'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu - Bernard Werber

L'encyclopedie du savoir relatif et absolu  - Bernard WerberBernard Werber, né le 18 septembre 1961 à Toulouse, est un écrivain français. Il est principalement connu pour sa Trilogie des Fourmis.

Nombre de pages : 269 pages

Prix : 5,50€

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"Le Livre que vous tenez entre vos mains est une expérience. Il contient des informations que vous ne trouverez pas ailleurs. Des informations dans des domaines aussi étranges ou complémentaires que : les grandes énigmes du passé, les casse-tête mathématiques, les recettes de cuisine étranges, les paradoxes de la physique quantique, des anecdotes inconnues de l'histoire de l'humanité, ou des blagues philosophiques. Ici l'hypnose, l'alchimie, le shamanisme ou la kabbale côtoient la sociologie, la biologie ou l'archéologie. Ici on découvre comment rêvent les dauphins et comment est né l'Univers. Comment les Chinois ont rencontré les Occidentaux et comment se prépare l'hydromel, boisson des fourmis et des dieux. Le seul point commun de tous ces petits textes est de faire " pétiller l'esprit " et d'éveiller la curiosité sur des territoires inconnus."

"Réunir tous les savoirs de son époque : telle a été l'ambition du professeur Edmond Wells. Mêlant science et spiritualité, physique quantique et recettes de cuisine, ce savant singulier et solitaire a accumulé tout au long de sa vie des informations étonnantes. Un seul point commun à tous ces textes : donner à réfléchir, « faire pétiller les neurones ».
Le professeur Edmond Wells était un homme plein d'humour qui accordait une grande importance à la notion de paradoxe. Mais de tous les paradoxes, le plus étonnant est certainement le statut même de ce personnage puisqu'il n'est que le fruit de l'imagination fertile de Bernard Werber."

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Ce livre qui n'en est pas un plaira sûrement au plus grand nombre. En effet, il traite de sujets tellement divers qu'il y en a forcément un qui t'intéressera !

Ce qui est sympa, c'est que l'auteur nous fait croire que le livre a été écrit par Edmond Wells, un personnage récurent de ses romans, et que c'est lui qui nous parle à travers l'encyclopédie.

L'ESRA (Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) est un livre qui se lit comme on veut, toutes les parties sont indépendantes les unes des autres et elles ne se suivent absolument pas. Et en plus elles ne font jamais plus de 2-3 pages. En gros, on pioche dans ce bouquin comme on pioche dans des apéricubes (oui métaphore pourrie, mais j'avais envie^^).

Il y a plein de petites citations "drôles" (pour moi en tout cas :)) et intéressantes, en voici des extraits :

- "Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous croyez comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même..."

- "Ce n'est pas facile, mais il faut être capable d'aimer ses ennemis, ne serait-ce que pour les énerver."

Le livre traite de plusieurs thèmes différents : philosophie, physique, histoire, énigmes, ... Il y a même une recette de cuisine ! (celle de la tarte Tatin il me semble).

D'ailleurs, si tu lis régulièrement les livres de Werber, tu vas sûrement en reconnaître des passages puisqu'il cite son Encyclopédie dans chacun de ses livres.

Je ne suis pas sûre que tout ce qui y est raconté est exact, mais faisons comme si :) (si on remettait en doute tout ce qu'on lit, on n'aurait pas fini !)

Bernard WerberConclusion : C'est un petit livre unique en son genre qui peut être lu au grès des envies, et c'est ça qu'on aime ! Et en plus, la couverture est vraiment top !

P.S. : Il y a également, probalement grâce au succès de ses livre, un site internet, l'ESRA on-line, sur lequel les internautes peuvent écrire des nouvelles, sur la façon dont ils voient l'avenir de l'humanité et de la planète en particulier, sur ce qu'ils veulent en général, et tout est permis ! Je t'assure que ça vaut le coup d'oeil, et certaines histoires font froid dans le dos tellement elles semblent possibles !

 

Extrêmement fort et incroyablement près - Jonathan Safran Foer

J'ai lu ce livre il y a un petit moment, mais puisqu'il est sorti au cinéma il y a pas longtemps, peut-être que certains seront tentés d'acheter le bouquin :) So !

 Extremement fort incroyablement près - Jonathan Safran Foer.jpgJonathan Safran Foer, né le 21 février 1977, est un écrivain américain.

Autres romans : Tout est illuminé (2002) ; Faut-il manger les animaux ? (2009)

Nombre de pages : 424 pages

Prix : 22€30

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"Oskar Schell est inventeur, entomologiste, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles. Il a neuf ans. Un an après la mort de son père dans les attentats du 11 septembre, Oskar trouve une clé. Persuadé qu'elle résoudra le mystère de la disparition de son père, il part à la recherche de la serrure qui lui correspond. Sa quête le mènera aux quatre coins de New York, à la rencontre d'inconnus qui lui révéleront l'histoire de sa famille. Après le choc de Tout est illuminé, cet étonnant objet littéraire et typographique explore à nouveau, mais sur un autre registre, les chemins d'une mémoire à jamais perdue. Quand tout a été oublié, il ne reste plus qu'à inventer."

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 Ouais. Compliqué.

En gros, le héros, un petit bout d'homme de 9 ans, n'est pas tout à fait comme les autres enfants. Il est très intelligent, mais aussi un peu bizarre parfois. Il ne mange que végétaLien, il collectionne des trucs bizarres et il pose tout le temps plein de questions (pardon si tu es végétalien, si tu collectionnes des trucs bizarres ou si tu poses tout le temps plein de questions, mais tu es sûrement bizarre :p).

Mais surtout, son papa est mort un an auparavant, dans les attentats du 11 septembre. Depuis, Oskar, puisque c'est son nom, repense sans arrêt aux jeux qu'ils faisaient ensemble, parce que forcément son père il était très intelligent aussi, et il lui organisait souvent des jeux de piste à travers toute la ville. Si je te dis ça c'est que c'est important.

Un jour, dans la chambre de ses parents, Oskar fait tomber un vase, qui se brise en mille morceaux et révèle une clé, qui était cachée à l'intérieur (forcément).

Du coup, dans sa logique de gamin de 9 ans un peu bizarre, Oskar se dit que chaque clé a sa serrure, et il décide de partir à la recherche de cette fameuse serrure (bizarre je t'ai dit !) à travers toute la ville, qui est New-York (cf les jeux de piste !). Courageux hein ? En plus il pense que grâce à ça il résoudra le mystère de la disparition de son père, car il y a eu un coup de fil bizarre de sa part le jour de l'attentat, mais je n'en dis pas plus.

Dans sa quête, Oskar va faire plein de nouvelles rencontres, dont un petit vieux tout choupinou qui va l'accompagner durant un long moment. On rencontre également la grand-mère d'Oskar et sa maman, même si on ne la voit que rarement.

J'aime beaucoup la façon dont le livre est rédigé, et les dialogues flash-back entre Oskar et son papa sont un vrai régal. En voici un extrait :

"Quand papa était venu me parler ce soir-là, on avait parlé du livre et je lui avais demandé de chercher une solution à ce problème.
- Quel problème ?
- Celui de notre relative insignifiance.
Il avait dit :
"Eh bien que se passerait-il si un avion te parachutait au milieu du Sahara et que tu ramassais un seul grain de sable avec une pince pour le déplacer d'un millimètre ?
- Je mourrais probablement de déshydratation.
- Non, je te parle seulement de cet instant-là, quand tu déplacerais cet unique grain de sable. Qu'est-ce que ça signifierait ?
- Je ne sais pas, dis-le moi.
- Réfléchis."
J'avais réfléchi.
"Ben, j'aurais déplacé un grain de sable, quoi.
- Ce qui voudrait dire ?
- Qu'est-ce que ça voudrait dire que j'ai déplacé un grain de sable ?
- Ca voudrait dire que tu as changé le Sahara.
- Et alors ?
- Alors ? Alors le Sahara est un désert immense. Il existe depuis des millions d'années. Et tu l'as changé !
- C'est vrai ! J'avais dit en m'asseyant dans mon lit. J'ai changé le Sahara !
- Ce qui veut dire ?
- Quoi ? Dis-le moi.
- Je ne parle même pas de peindre la Joconde ni de guérir le cancer. Je te parle seulement de déplacer un grain de sable d'un millimètre.
- Oui ?
- Si tu ne l'avais pas fait, l'histoire de l'humanité aurait été autre...
- Mmm-mmm ?
- Mais tu l'as fait, et donc ... ?
Je m'étais mis debout sur mon lit en montrant du doigt les fausses étoiles et j'avais crié :
" J'ai changé le cours de l'histoire de l'humanité !
- Exactement !
- J'ai changé l'univers !
- Effectivement.
- Je suis Dieu !
- Tu es athée.
- J'existe pas !"

Chose surprenante, on trouve aussi dans ce livres des illustrations, des images du 11 septembre (mais rien de choquant), et d'autres choses que je ne peux pas te dire pour ne pas spoiler. Un seul conseil : privilégie la version brochée, elle est plus chère, certes, mais les images sont en couleur et c'est bien plus sympa !

Conclusion : Malgré quelques longueurs, et des moments ou ça devient difficile à suivre, c'est un bon roman et je le recommande vraiment. Il faut juste le lire en ayant l'esprit ouvert :) Les dialogues et les idées d'inventions d'Oskar sont vraiment géniaux !

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