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Malédiction du sang - Célia Rees

Malédiction de sang - Célia ReesCélia Rees est diplômée d’Histoire et de Sciences politiques de l’Université de Warwick. Elle a d’abord enseigné l’anglais en collège à Coventry pendant plus de dix ans avant de se lancer dans l’écriture. Son premier roman, Every step you take a été publié en 1993 en Angleterre. Journal d’une sorcière (éditions du Seuil) fut le premier à être publié en France en 2002, où il a reçu le Prix Sorcières 2003 du roman pour adolescents. Ce titre a été suivi de Vies de sorcières et de Mémoires d’une pirate, parus au Seuil en 2003 et 2004 pour l’édition française.

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"A seulement seize ans, Ellen souffre d'une étrange maladie du sang. Dans la maison londonienne de sa grand-mère, où elle tente de reprendre des forces, sa seule distraction est la lecture des journaux intimes de son arrière-arrière-grand-mère, dénichés dans une malle au grenier. Ellen se plonge avec passion dans le quotidien de cette jeune fille déterminée, élevée par son père médecin, en pleine période victorienne. Avec l'arrivée chez eux d'un comte séduisant, d'une pâleur et d'une étrangeté glaçantes, le destin de la jeune fille bascule... Au fil des pages, Ellen a l'impression d'être plongée dans un palpitant roman sur les vampires. Sauf que cette histoire est vraie. Sauf que, parallèlement à sa lecture, la jeune fille se sent de plus en plus mal, comme si la malédiction dont avait été victime son ancêtre perdurait dans ses veines..."

Ses autres romans : Every step you take (1993) ;  Journal d’une sorcière (2002) ; Vies de sorcières (2003) ; Mémoires d’une pirate (2004)

Nombre de pages : 260 pages

Prix : 13,90 €

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J'ai eu vent de ce livre grâce à Pedro du blog "Books, tea time et sweet apple pie" (qui est d'ailleurs un super blog que je conseille à tout le monde), et je ne regrette absolument pas ma lecture ! C'est le 2e livre que je lis de Célia Rees (d'ailleurs il faut ab-so-lu-ment que te parle de l'autre), et j'aime toujours autant l'ambiance qu'elle met dans ses livres et son écriture, simple mais efficace ! Ses romans ont presque tous un côté historique que j'aime beaucoup, peu importe que ce soit une lecture classée comme "jeunesse" ou pas :)

Ce livre, que j'ai lu en une nuit, est très prenant et je n'ai pas pu me résoudre à le refermer avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire !

Alors oui, c'est un livre sur les vampires, oui, il y a une histoire d'amour (mais dieu merci on échappe au fameux triangle amoureux), mais non, ça ne ressemble absolument pas à Twilight ou à tous les autres romans de vampires qui ont fleuris un peu partout après son succès. Pour la simple et bonne raison que Malédiction de sang a été écrit bien avant Twilight ! Cependant, il n'est sorti en France que suite à cette mode des vampires, alors au moins pour ça on peut dire merci à Twilight ^^

Ellen est une jeune fille de 16 ans, mais au lieu d'aller au lycée et d'avoir les préoccupations des filles de son âge, elle vit chez sa grand-mère et ne va plus à l'école, car elle souffre d'une maladie étrange, que personne ne peut soigner ni même expliquer, une maladie du sang qui l'affaiblie de jours en jours. Dans le grenier de sa grand-mère, elle retrouve une malle contenant des objets ayant appartenu à son arrière-arrière grand-mère, qui s'appelle Ellen, tout comme elle. Parmi ces objets se trouvent les journaux intimes de son aïeule, racontant sa vie à l'époque victorienne, et sa rencontre avec un comte et sa cousine, mystérieux invités de son père dans l'hôpital qu'il dirige...


Malgré le fait que l'on sente qu'il s'agit d'un livre pour ados, j'ai beaucoup aimé ma lecture et je me suis vraiment attachée aux personnages, notamment à Ellen et sa grand-mère, qui forment un duo très mignon :)

Le style est fluide, agréable à lire sans en faire trop, et pour une fois, rien de gnangnan à signaler !

Conclusion : C'est un livre que je recommande à tous ceux qui aiment les histoires sur les vampires, ainsi qu'à ceux qui aiment les romans historiques, car je trouve la partie sur l'ancêtre d'Ellen vraiment développée et intéressante.

Un secret - Philippe Grimbert

Un secret - Philippe GrimbertPhilippe Grimbert est né en 1948 à Paris. Après de longues études de psychologie, il passe une dizaine d'années en analyse chez un lacanien, puis ouvre son propre cabinet à Paris. Il travaille aussi dans deux instituts médico-éducatifs auprès d'adolescents autistes ou psychotiques. Passionné de musique, de danse et d'informatique, il publie deux essais : Psychanalyse de la chanson et Pas de fumée sans Freud. C'est le roman La petite robe de Paul qui le fait connaître en littérature générale ; il est en tout l'auteur de quatre romans parus aux Éditions Grasset, dont Un secret qui est ensuite adapté au cinéma.

Ses autres romans : La petite robe de Paul (2001) ; La mauvaise rencontre (2009) ; Un garçon singulier (2011)

Prix Goncourt des lycéens en 2004, prix des Lectrices de Elle, prix Wizo en 2005

Nombre de pages : 184 pages

Prix : 5,60 €

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Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La petite robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

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Tout d'abord, il faut que tu saches que ce roman est autobiographique et qu'une grande partie se passe durant la Seconde Guerre Mondiale. Je précise parce que ça peut aider à comprendre le bouquin, par exemple moi je savais pas, ben j'ai mis vachement longtemps à faire le rapprochement entre le nom de l'auteur et celui du narrateur ("tiens c'est marrant ils s'appellent pareil !" ...), et ça peut aussi aider pour le contexte.

Maintenant que c'est dit, voici l'histoire.

Le narrateur, Philippe, qui est donc né en 1948 (autobiographie tout ça...) dans la France d'après-guerre, est le fils de Maxime et Tania, deux athlètes de haut niveau qui sont "faits pour être ensemble" comme on dit. Au contraire de ses parents, Philippe est frêle et chétif, il a un creux thoracique sous le plexus qui nécessite des soins permanents de son infirmière et confidente, Louise, dont le cabinet est installé à côté du magasin d'articles de sport tenu par ses parents. Parce qu'il est fils unique et qu'il se sent seul, il s'invente un grand frère qui est tout ce qu'il n'est pas : populaire, grand, fort, et surtout, en pleine santé. Mais un jour, alors qu'il fouille un carton dans le grenier, il découvre un chien en peluche dont il s'entiche et qu'il emporte partout avec lui. Mais cette découverte installe un profond malaise dans la famille, notamment chez son père, au grand étonnement de Philippe qui va essayer de découvrir ce que cache cette peluche, loin de se douter que ce secret va bouleverser sa vie à jamais.

Ça fait hyper dramatique hein ? Et pourtant, je n'exagère même pas !

Au début de ma lecture, j'ai eu un peu de mal avec l'écriture de Philippe Grimbert, je ne sais pas pourquoi, mais je n'aimais pas du tout sa façon d'écrire. Puis j'ai été tellement prise dans l'histoire que je n'y ai (presque) plus fait attention. Ce roman est un livre poignant et émouvant, triste aussi, et qui se lit d'une traite (tant parce qu'il est petit que parce que l'histoire est prenante). Le fait que ce soit une histoire vraie rajoute encore du dramatique à la chose et l'on s'attache vraiment au narrateur, car il nous raconte l'histoire avec son point de vue et ses intuitions d'enfant, la façon dont il perçoit les non-dits et certaines réactions de ses parents, sentant qu'ils lui cachent quelque chose mais sans parvenir vraiment à mettre le doigt dessus. Quant aux parents, je les ai trouvés froids et distants avec leur fils, et l'on sent bien que le père est déçu que Philippe ne soit pas un athlète comme lui, ce que ressent également le narrateur et fait qu'on a de la peine pour lui. J'ai préféré Louise, qui est plus proche de Philippe que ses parents et qui, parce qu'elle est boiteuse, le comprend mieux que quiconque.

Les chapitres, qui sont très courts, ne se suivent pas forcément ; ils se font plutôt au gré des pensées et des souvenirs de Philippe. J'ai vraiment apprécié la fin, lorsqu'il est plus âgé et qu'il revient sur son histoire, car c'est un très beau passage et l'on comprend vraiment pourquoi il a eu besoin d'écrire ce livre, qui lui sert en quelque sorte d'exutoire.

Philippe GrimbertConclusion : Ce livre est plutôt une bonne découverte malgré la plume de Philippe Grimbert qui m'a un peu dérangée, et cela m'a donné envie de voir le film (qui doit être émouvant à souhait !).

Et pour ceux que ça intéresse, le film est sorti en octobre 2007, et a été réalisé par Claude Miller, avec dans les rôles principaux Cécile de France (Tania), Patrick Bruel (Maxime) et Julie Depardieu (Louise).

Le chant d'Excalibur, tome 1 : Le réveil de Merlin - Arleston et Hübsch

Le chant d'Excalibur- T1 - ArlestonChristophe Arleston (ou Scotch Arleston), de son vrai nom Christophe Pelinq, est un scénariste de bande dessinée né à Aix-en-Provence en 1963. Il a travaillé comme journaliste et homme de communication, et a commencé sa carrière d’auteur alors qu'il était encore étudiant, puis pendant son service militaire, en écrivant entre 1985 et 1989 seize dramatiques radiophoniques pour France Inter. Depuis toujours la bande dessinée est sa passion et son objectif, et il a fait ses débuts de scénariste BD pour le magazine Circus (Glénat).

Il est également l'auteur de la série Lanfeust de Troy.

Eric Hübsch est né à Toulon en 1971. En 1992, il a reçu le diplôme de la section Bandes Dessinées des Beaux-Arts d'Angoulême . Il dessine alors des logos, illustre des affiches, travaille pour des mairies, des associations, des commerçants, activité qu'il poursuit toujours aujourd'hui. En 1995, il entreprend le projet de l'album qui a vu le jour en juillet 1998 : Le Réveil de Merlin, premier tome de la série Le Chant d'Excalibur, sur un scénario de Scotch Arleston.

Avant Le Chant d'Excalibur, Éric Hübsch a participé à des ouvrages collectifs (La Bête du Gévaudan et Les Cahiers de l'Exotisme en 1991, Au fil du Nil en 1992 et les Filles du Soleil en 1998).

Nombre de pages : 47 pages

Prix : 12,90 €

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On se souvient qu'au Vème siècle, le druide Merlin avait aidé la jeune Arthur à devenir roi d'Angleterre. Mais Merlin, victime de la fée Morgane, avait fini prisonnier au coeur d'un rocher... Plusieurs siècles plus tard, en plein moyen âge, Merlin est libéré. Les hommes de l'An Mil ne s'intéressent plus à la magie et partout les chapelles des chrétiens remplacent les antiques dolmens. Le petit peuple des fées se meurt, les dragons ont presque disparu, l'Irlande est envahie par les prêtres.
Avec l'aide de quelques pintes de bière et de la jeune Gwyned, descendante de Galahad, à qui il confie la fabuleuse épée Excalibur, Merlin va chercher à bouter la chétienté hors d'Irlande et à sauver un monde de magie et d'enchantements peu à peu détruit par les nouvelles croyances.
Aventures, humour et laïcité, une nouvelle série au scénario détonnant servi par le dessin d'un nouveau venu : Eric Hubsch.

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Ça faisait un moment qu'une amie me conseillait de lire cette BD qu'elle décrivait comme "hyper drôle", et il y a quelques temps je l'ai trouvée en médiathèque. Eh bien je doit dire que ce n'était pas du tout exagéré ! Cette BD, qui raconte le réveil de Merlin après plusieurs siècles passés endormi dans un rocher, est vraiment extra, et je ne peux pas m'empêcher de faire une comparaison avec Kaamelott, ce n'est pas tout à fait le même humour mais il y a quand même un petit quelque chose en commun. En plus, pour une fois le héros est une héroïne, puisque il s'agit de Gwynned, la descendante d'Arthur, que Merlin doit aider dans sa quête pour ramener la magie au pays, une jeune fille au fort caractère qui nous change des filles chouineuses que l'on voit souvent dans les BD (et pour une fois elle n'est pas trop dévêtue, ça aussi c'est plutôt rare^^).

Les personnages sont tous aussi drôles les uns que les autres, notamment Merlin qui est vraiment énorme ("Il suffit que je m'absente quelques siècles et c'est le foutoir !" page 8) !

Dans ce tome, Gwynned et Merlin aident les habitants d'un village à se soulever contre l’Église et et les taxes qu'elle impose, et les font s'installer dans la forêt pour échapper aux troupes du roi (qui est d'ailleurs un gros boulet). Je ne te cache pas que ça ressemble carrément au film Robin des Bois, prince des voleurs avec Kevin Costner (sorti en 1991 et qui est juste un incontournable *-* ), mais c'est quand même très intéressant à lire et surtout j'ai hâte de connaitre la suite !

Conclusion : Un premier tome prometteur et une BD pleine d'humour, et même si l'histoire d'Arthur, Merlin et Excalibur a déjà été traitée des millions de fois, cette BD vaut quand même le coup qu'on s'y intéresse !

Trois soeurcières - Terry Pratchett

Trois soeurcieres - Terry PratchettTerry Pratchett est né en 1948 dans le Buckinghamshire ; nous n'en savons pas d'avantage sur ses origines, ses études ou sa vie amoureuse. Son hobby, prétend-il, c'est la culture des plantes carnivores. Que dire encore de son programme politique ? Il s'engage sur un point crucial : augmentons, dit-il, le nombre des orangs-outans à la surface du globe, et les grans équilibres seront restaurés. Voilà un écrivain qui donnera du fil à retordre à ses biographes !

Sa vocation fut précoce : il publia sa première nouvelle en 1963 et son premier roman en 1971. D'emblée, il s'affirma comme un grand parodiste. Mais le grand tournant est pris en 1983. Pratchett publia alors le premier roman de la série du Disque-Monde, brillant pastiche héroï-comique de Tolkien et de ses imitateurs.

Terry Pratchett a été anobli par la reine en 2008, et a reçu de nombreuses récompenses pour son œuvre.

Ses autres romans : Il y en a trop (plus d'une trentaine !) pour que je puisse les citer :)

Nombre de pages : 286 pages

Prix : 6,10 €

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Le vent, l'orage et les éclairs... Tout cela dans l'horreur d'une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folle dans l’œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla : "Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?" Une autre voix, plus naturelle, répondit : "Ben, moi j'peux mardi prochain." Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n'en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l'avantage du roman par rapport au théâtre c'est que l'on peut s'autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d'un balai de sorcière !

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D'après tout ce que j'ai entendu, Terry Pratchett est un auteur incontournable qu'il faut absolument avoir lu pour pouvoir mourir en paix. Maintenant que c'est chose faite, je confirme, tu DOIS lire un de ses livres (et ne viens pas me dire qu'il n'y a pas assez de choix) !

Cet auteur est vraiment extra, je me suis marrée du début à la fin, il a toujours LA petite phrase pour nous faire sourire, et ce même dans les pires situations. J'avais commencé à noter toutes les pages drôles dont je pourrais mettre un extrait dans cet article, mais quand je me suis rendue compte que je notais une page sur deux, j'ai décidé d'arrêter.

Je ne trouve pas les mots pour te dire à quel point ce livre est génial, alors je vais commencer par t'en faire un résumé.

Trois soeurcières est le sixième tome des Annales du Disque-Monde, un monde imaginaire plat et circulaire soutenu par quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d'une grande tortue, qui se déplace dans le cosmos. Eh ouais, rien que ça. Et en plus, il y a de la magie, des fantômes, des trolls, des sorcières, des nains, des rois, et surtout, beaucoup d'humour et d'ironie ! Ça te donne pas envie de le lire ça ?

Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail sont trois sorcières qui, normalement, ne se mêlent jamais des histoires des gens "normaux". Pourtant, elles se retrouvent embarquées bien malgré elles dans une histoire de régicide qui va les sortir de leur petit train-train quotidien.

L'un des thèmes principaux de cette histoire est le théâtre. Il y en a énormément, et je dirais même que c'est un élément clé de l'histoire. J'ai d'ailleurs adoré le moment où Mémé Ciredutemps assiste pour la première fois à une pièce et ne comprend pas que ce qui est joué n'est pas la réalité, ce qui donne des dialogues à mourir de rire !

Je trouve d'ailleurs que l'humour de ce roman rappelle par moment l'humour un peu absurde des Monty Python (mais en moins exagéré peut-être).

Bon après, l'histoire en elle-même est plutôt banale, mais ce qui est intéressant dans ce livre, c'est vraiment les situations cocasses et les dialogues génialissimes entre les personnages, qui m'ont fait rire du début à la fin !

Je ne vais pas faire un article de trois mètres de long pour ce livre car une fois qu'on évoque l'histoire et l'humour omniprésent, l'essentiel est dit. Je te laisse découvrir le reste par toi-même :)

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" "C'est une honte ! lâcha sèchement Mémé. Et le pauvre mort qu'est toujours là, par terre !"

Magrat jeta un regard implorant à Nounou Ogg, laquelle mastiquait une pomme et observait la scène d'un oeil d'expert scientifique.

"Moi, m'est avis, dit-elle lentement, m'est avis que tout ça, c'est du chiqué. Regardez, il respire toujours."

Les autres spectateurs, qui avaient à présent conclu que le commentaire faisait partie intégrante de la pièce, considérèrent comme un seul homme le cadavre. Qui rougit. " (p. 37)

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" "Vous... vous n'allez pas m'obliger à y retourner, n'est-ce pas ? demanda-t-il ?

- Hein ?" fit le duc. Il eut un geste irrité. "Non, non, dit-il. Aucunement. Passez donc chez le bourreau en partant, voyez quand il peut vous prendre." " (p. 66)

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"Son cou, ses doigts, ses bras portaient à eux tous assez d'argenterie pour forger un service de table au grand complet (...). Sous une certaine lumière et un angle bien choisi, Magrat n'était pas sans attraits. (...) Elle se redressa, se tourna d'un côté, puis de l'autre. Les amulettes, bijoux magiques et bracelets cabalistiques accumulés un peu partout sur son anatomie s'entrechoquèrent ; il aurait fallu qu'un ennemi éventuel fût aussi sourd qu'aveugle pour ne pas remarquer qu'une sorcière approchait." (p. 120)

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Terry PratchettConclusion : Un incontournable de la littérature satirique, où l'on retrouve tous les ingrédients d'un bon roman fantastique (avec indéniablement une touche d'humour en plus, qui manque d'ailleurs cruellement à certains romans fantastiques) des personnages très drôles et attachants et une histoire qui, pour une satire, tient carrément la route.

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de RosnayTatiana de Rosnay, née en 1961 à Neuilly-sur-Seine de mère britannique et de père français, est une journaliste, écrivaine et scénariste française. Elle a vécu à Paris, Boston et enfin en Angleterre. Elle est l'écrivaine française la plus lue en Europe en 2011.

Ses autres romans : L’appartement témoin (1992) ; Mariés, pères de famille (1995) ; Le Dîner des ex (1996) ; Le Cœur d'une autre (1998) ; Le Voisin (2000) ; La Mémoire des murs (2003) ; Spirales (2004) ; Moka (2006) ; Boomerang (2009) ; Rose (2010) ; A l'encre russe (2013)

Nombre de pages : 415 pages

Prix : 6,95 €

Prix des lecteurs du livre de poche - Le choix des libraires, Prix Gabrielle d'Estrées.

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Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.
Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans trente-quatre pays.

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Ce livre était dans ma bibliothèque depuis un moment mais, malgré les avis positifs que j'avais lus à son propos, je ne m'étais toujours pas décidée à le lire. Et puis, il y a quelques jours je me suis lancée, et voilà maintenant plus d'une semaine que je l'ai fini et que je cherche comment t'en parler, car j'ai sur ce livre un avis plus que mitigé.

Tout d'abord, il est divisé en deux parties :

D'un côté,  Sarah, la fillette juive embarquée avec ses parents lors de la rafle du Vél d'Hiv, qui laisse son petit frère enfermé dans un placard pour le protéger et lui promet de revenir très vite.

De l'autre, Julia, la journaliste américaine qui habite à Paris et qui doit justement écrire un article sur cette rafle.

Soixante ans les séparent, et pourtant Julia va tout faire pour retrouver la trace de Sarah.

Alors là, autant j'ai trouvé la partie sur Sarah belle, triste, émouvante, tout ce que tu veux, autant celle sur Julia, je n'ai même pas les mots pour te dire à quel point elle m'a gonflée ! Non mais franchement, c'est quoi cette cruche ?? Elle est marié à Bertrand, un français qui, forcément, est un goujat, un coureur de jupons qui l'a trompée il y a quelques années mais Julia, magnanime, lui a pardonné (bien qu'en plus de cela il la rabaisse sans arrêt devant tout le monde). Sa belle-famille est un énorme cliché à elle toute seule : on retrouve le beau-père froid mais qui en fait est sensible et cache un secret, la belle-mère hautaine et condescendante, une belle-sœur maigre et sèche, l'autre ronde et chaleureuse, et la grand-mère adorable mais mise en maison de retraite par ses enfants et petits-enfants qui, évidement, vont rarement la voir... De plus, Julia est nunuche au possible, on a envie de lui mettre des claques pour qu'elle se bouge, qu'elle quitte son boulet de mari et surtout, surtout, qu'elle arrête de se plaindre sans arrêt, mais on ne peut pas, et ça c'est vraiment très frustrant^^ Et puis, le coup de Julia qui tombe enceinte à 40 ans passés et de son mari qui la met devant le dilemme : le bébé ou lui, j'ai trouvé ça d'un niais !

De nombreuses fois dans le roman, Julia nous confie qu'elle ne sait pas pourquoi elle tient tant à retrouver Sarah, que c'est plus fort qu'elle, que blablabla. Elle ne sait pas pourquoi elle doit la retrouver, eh bien nous non plus ! On ne comprend pas l'engouement soudain de cette américaine pour cette petite fille juive, leur seul lien étant l'appartement dont a hérité Bertrand et qui s'avère être celui où vivait Sarah lorsqu'elle a été arrêtée. De plus, Julia, qui elle a l'excuse de ne pas être française pour ignorer ce qu'est la rafle du Vél d'Hiv, se met à clamer partout que c'est un scandale d'être français(e) et de ne pas savoir, d'avoir oublié ce qu'il s'est vraiment passé à l'époque, ce qui donne à ce livre un côté moralisateur insupportable ! L'auteure veut nous faire culpabiliser du début à la fin, et j'ai trouvé ça un peu abusé. Comment peut-on savoir ce qu'on aurait fait à la place de tout ces gens ? Julia aurait-elle agit, seule contre tous, quitte à mettre en danger sa fille et son mari ? Je ne pense pas. Avec 60 ans de recul, c'est facile de savoir où se situe la limite entre bien et mal, ce qu'il était juste ou non de faire, mais à l'époque, au coeur de l'action, comment les gens pouvaient-ils vraiment connaitre les conséquences de leurs actes ? Bien sûr, ce qui a été fait aux juifs (mais pas seulement à eux, il faudrait voir à ne pas l'oublier) est terrible, mais est-ce une raison pour fustiger tout une nation à travers ce livre ?

De plus, l'auteure enfonce le clou en nous répétant en long et en large que ce sont des soldats français qui ont emmenés les juifs jusqu'au vélodrome, mais au bout d'un moment on a envie de dire que oui, c'est bon, on a compris, mais que là, posé devant notre livre, on n'y peut décidément pas grand chose !

Enfin bref, tout ça pour dire que la partie concernant Sarah est plutôt bien construite, avec le petit frère enfermé dans le placard qui ajoute encore une note dramatique à l'histoire (c'était déjà pas assez triste ?), avec le petit suspense "Va-t-elle pouvoir revenir le chercher ? Et si oui, y arrivera-t-elle à temps ?", mais la partie sur Julia, je me demande vraiment si on aurait pas pu s'en passer, d'autant plus qu'à la fin du livre il n'y a plus que Julia qui raconte, et la ça devient très très long.

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"La mère attira sa fille contre elle. La petite sentait les battements de son coeur à travers la robe de chambre. Elle aurait voulu repousser sa mère, la voir se tenir bien droite, la voir fixer ces hommes avec assurance au lieu de se recroqueviller, au lieu d'avoir le coeur qui cogne dans la poitrine, comme un animal effrayé. Elle aurait voulu que sa mère soit courageuse." (p. 14)

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"Je me souviens avoir été réveillée très tôt par le ronflement des bus. Juste sous mes fenêtres. J'ai regardé dehors et j'ai vu d'autres bus qui arrivaient. Et puis d'autres, encore et encore. Des bus des transports en commun, les bus que je prenais moi-même chaque jour. Blancs et verts. Il y en avait tant. Je me demandais ce qu'ils pouvaient bien faire ici. Puis j'ai vu des gens en sortir. Et tous ces enfants. Tellement d'enfants. Vous savez, c'est impossible d'oublier les enfants. (...) Après un moment, je me suis habillée et je suis descendue avec mes garçons, qui étaient petits, à l'époque. Nous voulions savoir ce qui se passait, nous étions curieux. Nos voisins aussi sont descendus, et le concierge. C'est une fois dans la rue que nous avons vu les étoiles jaunes. Et là, nous avons compris. Ils regroupaient les juifs. (...) Comment aurions-nous su ? C'est seulement après la guerre que nous avons tout découvert. Nous pensions qu'on les envoyait travailler je ne sais où. Nous ne pensions pas que quelque chose de grave se tramait. Je me souviens que quelqu'un a dit :"C'est la police française, personne ne leur fera de mal". Alors, nous ne nous sommes pas inquiétés. Le lendemain, bien que tout cela ait eu lieu en plein Paris, il n'y avait rien ni dans les journaux ni à la radio. Personne ne semblait s'en préoccuper. Alors nous non plus. " (pp. 105-106)

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Tatiana de RosnayConclusion : Ce livre n'est vraiment pas un coup de coeur, mais ce n'est pas pour autant une déception car la partie sur Sarah rattrape tout le reste et vaut à elle seule le coup qu'on lise le livre !

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P. S. : En anglais, le titre de ce livre est Sarah's key (la clé de Sarah) et je trouve que ce titre correspond mieux au roman que le titre français. Ceux qui ont lu le livre comprendront :)

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P.S. 2 : Voici la petite histoire de ce roman (source Wikipédia) pour ceux que ça intéresse :

"Tatiana de Rosnay commence à se documenter en 2001: « Je suis allée à Drancy, à Beaune-la-Rolande, j'ai rencontré des personnes qui ont vécu cette rafle de près, j'ai passé des moments très émouvants. » Elle explique avoir « ressenti le besoin de me réfugier dans ma langue maternelle pour évoquer ce passé terrible de la France. Le fait aussi d'être dans la peau d'une Américaine, Julia, a rendu nécessaire ce passage à l'anglais. »

Elle écrit le roman entre juillet 2002 et mars 2003, et le retravaille de janvier à mai 2005.

Le livre est refusé par l'ex-éditeur de la romancière, Plon, puis par Bernard Fixot. L'écrivaine cherche ensuite un agent américain, qui ne trouve pas d'éditeur aux Etats-Unis. Plus tard, Tatiana de Rosnay rencontre l'éditrice Héloïse d'Ormesson, avec laquelle elle sympathise, et c'est « le très têtu Gilles Cohen-Solal » (coéditeur d'Héloïse d'Ormesson), raconte-t-elle, qui obtient le manuscrit."

Les sorcières de l'épouvanteur - Joseph Delaney

Les sorcières de l'épouvanteurJoseph Delaney est né en 1945 à Preston, en Angleterre. Il a tout d'abord exercé la profession de professeur d'anglais spécialisé en littérature fantastique. Sa carrière d'écrivain a commencé avec le livre Mercer's Whore sous le pseudonyme de J. K. Haderack. Spécialisé dans les romans de jeunesse, il a ensuite utilisé son véritable nom pour écrire le cycle The Wardstone Chronicles (littéralement « Les Chroniques de la pierre des Ward ») connu officieusement comme la série de l'Épouvanteur. Il vit en Angleterre avec sa famille dans le Lancashire, où il puise son inspiration pour son œuvre.

Nombre de pages : 216 pages

Prix : 11,90 €

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Saviez vous que l'Epouvanteur John Gregory était prêt a tout pour garder près de lui Meg Skelton. la lamia dont il est tombé follement amoureux ? Que la sorcière Dora a été débusquée et torturée par un redoutable Inquisiteur ? Que la plus redoutable des tueuses, Grimalkin, a eu un bel enfant avec le Malin ? Qu'Alice a affronté une immonde créature mangeuse de cerveaux chez Lizzie l'Osseuse ? Et enfin, que Tom Ward a combattu une divinité celte quand il était en formation avec Bill Arkwright ? Un recueil de cinq récits fascinants et effrayants à souhait ! Des révélations palpitantes sur les personnages les plus importants de la saga de l'Epouvanteur !

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En tant que fan de la série l'Epouvanteur, je ne pouvais pas passer à côté de ce hors-série, censé nous en apprendre plus sur les sorcières qu'ont côtoyé de près ou de loin Tom Ward et son maître.

Je te parlerai des cinq nouvelles globalement  car elles sont tellement courtes que si je faisais un avis sur chacune il y aurait énormément de spoilers.

Tout d'abord, le même avertissement que sur les autres livres de la série :

"Attention, histoire à ne pas lire la nuit..."

"Pour les lecteurs avertis."

"Cet ouvrage comporte des scènes susceptibles de perturber les jeunes lecteurs."

Mais toujours pas de quoi vraiment flipper :)

Il faut savoir que ce hors-série est fait, à l'origine, pour être lu avant le tome IX. L'ordre est important car sinon la partie sur Grimalkin ne t'apportera pas grand chose de plus (pour ma part je ne l'ai même pas lue) puisque c'est exactement ce qu'on trouve dans le neuvième tome. Par contre, il ne faut pas la lire avant le tome VIII, sinon tu apprendras trop de trucs qui te gâcheront le suspense.

Les cinq nouvelles portent chacune sur une sorcière importante de la série : Meg, la sorcière Dora, Grimalkin, Alice, et La Morigan.

Celle que j'ai le moins aimé concerne la sorcière Dora car on dirait vraiment que Joseph Delaney l'a écrite juste parce qu'il lui manquait une nouvelle pour avoir le compte, et on y apprend vraiment peu de choses.

Par contre, toutes les autres m'ont beaucoup plus, surtout celles sur Alice et sur Meg.

Dans la nouvelle où Tom combat la divinité celte, on apprend beaucoup de choses qui nous éclairent sur le tome VIII, mais encore une fois il ne faut surtout pas la lire avant !

Comme pour Je suis Grimalkin, la nouvelle sur Alice laisse supposer un tome raconté par Alice, Je suis Alice, qui je pense (j'espère !) devrait arriver prochainement. On croise les doigts !

Joseph DelaneyConclusion : Un recueil de nouvelles sympa et agréable à lire, où l'on retrouve l'ambiance de la série, mais avec des nouvelles qui ne sont vraiment pas toutes au même niveau.

Résultats du concours !

Et voila comme promis le résultat du concours des 3 000  visites !

Et le gagnant est ... une gagnante puisqu'il s'agit de Marie :)

Félicitations !!

L'avantage c'est que je vais pouvoir te le donner en mains propres^^

Merci à tous les participants !

Résultat tirage au sort

La maison d'à côté - Lisa Gardner

La maison d'à côté - Lisa GardnerLisa Gardner est une écrivaine américaine. Auteure de plusieurs thrillers, elle est considérée comme l'une des grandes dames du roman policier féminin. Elle publie également des romans sous le pseudonyme d'Alicia Scott.

Ses autres romans : Jusqu'à ce que la mort vous sépare (1998) ; Tu ne m'échapperas pas (2003) ; La vengeance aux yeux noirs (2004) ; Sauver sa peau (2007) ; Les morsures du passé (2010) ; Disparue (2010) ; Derniers adieux (2011)

Nombre de pages : 521 pages

Prix : 7,60€

Lire le 1er chapitre.

Grand prix des lectrices de Elle 2011

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Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune professeure de collège et mère modèle, a disparu. Seul témoin : sa fille de quatre ans. Suspect n°1 : son mari Jason. Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille ? Mais de qui ?

Après Sauver sa peau, une nouvelle enquête particulièrement surprenante de la non moins surprenante D.D. Warren. Vous ne regarderez jamais plus une porte déverrouillée, une fenêtre entrouverte ou une page web de la même façon…

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Tu ne le sais peut-être pas, mais je ne suis pas spécialement une grande amatrice de thriller. Pourtant, après avoir lu le génial Robe de Marié dont je parle ici, je me suis dit que ce serait peut-être bien de m'y mettre et que ça me changerait de mes lectures du moment.

Pourtant, je n'ai pas spécialement cherché La maison d'à côté. Je suis abonnée à un genre de club de lecture qui s'appelle My little Book Club, et qui m'envoie assez régulièrement par mail une petite sélection de livres. Dans les policiers, il y avait ce roman, avec un résumé à leur sauce et comme toujours, le 1er chapitre offert. J'ai donc lu ce chapitre sans avoir vu la 4e de couverture, et c'est ça qui m'a donné envie de l'acheter pour avoir la suite, car honnêtement je n'ai pas trouvé le résumé génial, on ne dirait qu'un énième roman policier parmi l'énorme masse qu'il y a déjà. Mais ce 1er chapitre est accrocheur, très accrocheur, et c'est pourquoi je t'ai mis le lien en haut de cet article :)

Ce qui m'a le plus étonnée, c'est la façon dont est construit ce livre. Ce fameux premier chapitre est raconté par Sandra, la mère de famille disparue, qui nous raconte sa soirée avant que tout bascule, et qui se termine au moment où elle reconnait la personne rentrée chez elle et qu'elle nous dit "Je vous jure que je n'ai pas fait un bruit.". Ce qu'il se passe ensuite, on l'ignore. Cependant, la narration de Sandra ne disparait pas. Au contraire, on retrouve régulièrement au fil du livre des passages où elle est encore la narratrice, nous racontant certains de ses souvenirs, qui sont d'ailleurs très utiles pour comprendre l'histoire de sa famille et de cette étrange disparition. On ne sait donc pas si elle raconte cela parce qu'elle est encore en vie où si ce sont toutes les pensées qui lui sont venues au moment ou l'inconnu est entré chez elle... On ne sait absolument rien.

Son mari, Jason, est le suspect numéro 1 dans cet affaire. Il est froid, distant, parait complètement détaché de l'affaire et on sent qu'il cache quelque chose, ce qui en fait le suspect idéal. Le second suspect est Aiden, un délinquant sexuel qui habite dans la même rue que la famille Jones, et qu'on suit au moins autant que Jason dans la narration.

On fait également la connaissance de Ree, la fillette de 4 ans de Jason et Sandra, qui est le témoin principal de l'affaire puisqu'elle était présente lorsque sa mère a disparu. On rencontre aussi D.D., qui est chargée de l'enquête (et apparemment un personnage récurent des romans de Lisa Gardner) et fait équipe avec Miller, un moustachu assez sympathique.

J'ai beaucoup aimé D.D. et sa constante ironie, qui change des enquêteurs vieux et torturés dont les romans policiers sont coutumiers. La petite Ree, très éveillée pour son âge, m'a vraiment attendrie, et les moments où elle réclame sa maman sont poignants. Jason, qui est présenté comme quelqu'un de froid et désagréable par D.D., m'est pourtant apparu comme assez touchant et émouvant lorsque la narration était portée sur lui ; la façon dont il protège sa fille coute que coute et le secret qu'il porte m'ont fait croire en lui jusqu'au bout, mais je ne te dirai pas si j'ai eu tort ou non. Sandra, au contraire, m'a paru antipathique au début, mais au fil de l'eau, alors qu'on en apprend plus sur elle, on comprend certaines choses et j'ai fini par l'apprécier également. Il y a par contre un personnage que je n'ai pas du tout aimé, c'est Aiden, le délinquant sexuel. Il me mettait très mal à l'aise, bien que l'auteure ait tout fait pour qu'on le prenne en pitié, mais je n'ai absolument pas accroché. Je n'aimais pas sa personnalité de perdant, de soumis, ni sa petite vie pitoyable et sans ambition.

D'autres personnages apparaissent au fil des pages, mais je ne peux pas t'en parler sous peine de gâcher le suspense.

Dans ce roman, le thème plutôt délicat de la pédophilie et des délinquants sexuels est mis en avant, et j'ai l'impression que l'auteure essaye vraiment de nous montrer qu'il ne faut pas tous les mettre dans le même panier, qu'il y a quand même une différence entre un jeune de 19 ans qui a un rapport consenti avec une jeune fille de 14 ans (ce qui est le cas d'Aiden) et un pervers de 50 ans qui attouche des enfants de même pas 10 ans. Je suis tout à fait d'accord avec ce point de vue, mais si ce n'est pas ton cas, ce livre te fera peut-être revoir tes opinions, car le tout est amené avec beaucoup de finesse.

On en apprend aussi beaucoup sur les rouages du système judiciaire américain, à travers les souvenirs d'anciennes enquêtes de D.D., la connaissance des lois de Jason etc., et c'est une partie très intéressante et instructive du roman.

L'intrigue est prenante et s'accélère de plus en plus, pour arriver à une fin dont on ne se serait jamais douté et après cette lecture, tu te méfieras un peu des a priori et beaucoup des nouvelles technologies...

J'ai apprécié l'écriture de Lisa Gardner, que je trouve agréable et pleine d'humour sans pour autant en faire trop. Elle arrive, même dans certaines situations terribles, à garder une touche d'humour, souvent au travers du comportement de Ree ou des dialogues entre D.D. et Jason. Enfin, quand je dis humour, ce n'est pas la grande poilade, mais c'est tellement versé dans l'ironie que c'est vraiment génial, c'est pourquoi j'ai décidé de t'inonder d'extraits, car je n'arrivais pas à n'en choisir qu'un !

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"Et ensuite, je me suis dit, en voyant ce qu'il avait à la main, qu'il ne fallait pas que je crie. Il fallait que je protège ma fille, ma précieuse petite fille toujours endormie à l'autre bout du couloir. Il est entré dans la chambre. A levé les deux bras. Je vous jure que je n'ai pas crié." (p. 14)

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"Jason réfléchit, prit dans la voiture son calepin et le feutre Crayola rouge de Ree. Il arracha deux feuilles et écrivit en lettres capitales : EN QUARANTAINE : Chat enragé. Attention. Ne pas toucher.

Il mit une feuille à l'avant de la voiture et l'autre à l'arrière. Puis il regarda M. Smith, qui ouvrit paresseusement un oeil doré, bâilla et se rendormit.

- Sois un bon chat enragé, murmura Jason." (p. 180)

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"Il avait l'air exténué, pas au mieux de sa forme. Mais il avait aussi l'air d'un homme dur, peut-être même dangereux, le genre d'individu susceptible d'avoir un tempérament violent et de battre sa femme et sa fille en cachette. Il essaya différentes positions pour ses lèvres, fit diverses grimaces. Mari éploré, se répéta-t-il. Mari éploré. (...) Il décida qu'il garderait la tête baissée. Accablé par le chagrin. C'était ce qu'il pouvait faire de mieux." (pp. 229-230)

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"- Papa ?

- Ce n'est rien, chérie. Ce sont des journalistes. C'est leur travail de poser des questions, un peu comme c'est mon travail de poser des questions. Sauf que j'écris dans un journal, alors que ces reporters parlent à la télé.

Elle le regarda à nouveau, et l'inquiétude marqua encore d'avantage ses traits tirés. (...)

- Quand on va descendre de voiture, ça va faire du bruit. Ils vont se mettre à poser plein de questions bizarres tous en même temps et tiens-toi bien : ils ne lèvent pas le doigt.

La remarque attira l'attention de Ree.

- Ils ne lèvent pas le doigt ?

- Non. Ils parlent tous en même temps. Ils n'attendent pas leur tour, ils ne disent pas excusez-moi, rien. (...)

Il montra la foule bruyante sur le trottoir et Ree poussa un soupir d'exaspération. Sa nervosité avait disparu. Elle était maintenant prête à descendre de voiture, ne serait-ce que pour montrer sa désapprobation à une bande d'adultes mal élevés."(p. 283)

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"Immédiatement, Jason s'interposa entre sa fille et lui, armé d'un chat dans une main et d'un trousseau de clés dans l'autre." (p. 285)

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Lisa GardnerConclusion : Un très bon thriller avec des personnages pour la plupart attachants, une fin plus ou moins inattendue et surtout une écriture très agréable. Je le conseille à tout les amateurs du genre !

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